2018-07-15 18:16

La ferme du Bois-de-Chênes prend soin de ses oiseaux

Genolier

Des mesures exceptionnelles ont été prises dans le cadre de la rénovation du bâtiment datant du 18e siècle.

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  • Raphaël Ebinger

À coup de fake news, les opposants à la rénovation de la ferme du Bois de Chênes, situé principalement sur la commune de Genolier, n’ont jamais cessé de dénoncer la création d’un hôtel dans le corps du bâtiment datant de 1766. Après plus d’une année de travaux, des petits nids d’amour sont bien en train d’être aménagés. Par contre, ils ne seront pas destinés aux touristes mais à la faune. Un couple d’oiseaux en quête de nidification y est installé. Ou plutôt conservé.

Les mésanges charbonnières qui avaient pris l’habitude de faire leurs nids dans les anfractuosités des vieux murs seront toujours les bienvenues. Alors que les parois ont été recrépies, des trous ont été conservés tout exprès. «Nous avons une vision de complémentarité entre les intérêts historiques du bâtiment et la biodiversité, souligne Georges Richard, président de la Fondation du Bois de Chênes, maître de l’ouvrage. Nous sommes au cœur d’une réserve. Il est normal que nous agissions de la sorte.» «Ce chantier est exceptionnel», insiste l’écologue Florian Meier, qui connaît les lieux mieux que quiconque. Il y a vécu plus de vingt ans en qualité d’intendant (voir la vidéo ci-dessous). Il est à l’origine de la démarche particulière qui a été mise en œuvre dans le bois. «J’ai toujours effectué beaucoup d’observations dans la maison et tout autour. Je trouvais dommage que les travaux de rénovation gomment cette présence animale.»

La mesure de conservation la plus visible est sans conteste le maintien des anfractuosités dans les murs. Une soixantaine de bouchons en papier journal ont ainsi été posés. Les tiges orange fluo ont permis aux ouvriers de reconnaître les endroits à ne pas recouvrir de crépi.

Arche de Noé
Des rouges-gorges ont déjà repris leurs quartiers. Ils ne sont pas les seuls. Des lézards des murailles ou des guêpes solitaires en ont fait de même sur les murs. Il faut avouer que la ferme ressemble à une Arche de Noé. Florian Meier a listé l’ensemble des espèces animales qui ont vécu dans la maison et ses annexes. Outre les diverses guêpes et papillons, il est possible d’observer, entre autres, des salamandres tachetées, des loirs gris, des hérissons, des chauves-souris ainsi que des oiseaux tels que la fauvette à tête noire, le gobe-mouches gris, le rouge-queue noir, la bergeronnette grise, l’hirondelle rustique ou encore le coucou.

L’écologue se souvient de la présence d’une vipère aspic qui séjournait sous la cabane de ses toilettes sèches, ou d’une chouette effraie qui avait nidifié sous le toit jusqu’à ce qu’une fouine la fasse fuir. Après plusieurs années d’inoccupation, une nouvelle chouette s’est installée quelques jours sous la charpente en septembre 2017 mais ne s’y est pas établie. L’endroit a aussi été utilisé par le centre de soins de La Garenne pour relâcher des oiseaux guéris qui ne se sont pas non plus installés durablement.

Vocation didactique
En soignant la rénovation du bâtiment, la Fondation du Bois de Chênes se donne les moyens de mettre en valeur la biodiversité. «Il y a la volonté d’être un lieu didactique, d’être un pont entre la nature et le public», explique Georges Richard. Les futurs intendants qui habiteront la ferme auront donc notamment une mission pédagogique. «L’endroit est idéal pour observer les animaux, avertit Florian Meier. Les enfants pourront par exemple apprendre facilement à utiliser des jumelles, car celles-ci permettent ici des observations faciles.»

Pour découvrir le chantier, qui se prolongera encore quelques mois, la fondation organisera des portes ouvertes lors des Journées du patrimoine, les 1er et 2 septembre. Des balades commentées dans le Bois de Chênes seront également proposées.

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