2019-07-17 22:02

C’est beau, mais n’oubliez pas le livre des poèmes!

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  • Philippe Dubath

Il faudrait faire défiler sur des écrans géants, essaimés dans la ville de Vevey, les prénoms et les portraits, genre photomaton, des quelque 6000 personnes – techniciens compris – qui font que la Fête a lieu, que le spectacle existe, que le rendez-vous est assuré, une fois de plus. Pour leur rendre hommage.

C’est la Fête des Vignerons, oui, mais c’est aussi et autant celle des figurants qui sont passés par toutes les saisons, tous les lieux, toutes les températures, tous les stress, toutes les fatigues, les lassitudes, les doutes, pour apprendre leurs textes, leurs mouvements, affiner leur voix, en accord, toujours, avec le figurant et la figurante d’à côté. Pour fabriquer ensemble et vivre ce collectif extraordinaire et éphémère, ils ont arrangé leurs horaires, leur quotidien, leur vie de famille.

La fête est belle. Elle me plaît. Elle a de la profondeur. Elle ouvre au spectateur, à moi en tout cas, le livre de son enfance, de ses souvenirs, de ses fragilités, et révèle cette faculté que l’on a de s’émouvoir, parfois, chacun à sa façon, pour trois fois rien. Il y a dans certaines compositions et mélodies le connu et le mystère, la surprise et les douleurs, la lenteur, l’attente, la force, les bonheurs, le sentiment de vivre. Des airs de 1977, un couplet, quelques notes, des mots aussi, ne m’ont jamais quitté, et ils m’accompagnent comme un foulard de soie que je noue ou dénoue au fil du temps. De 2019, c’est sûr, me resteront d’autres douces choses inaltérables et précieuses.

Je dois vous donner un conseil qui me semble important: à Vevey existent deux librairies (Payot et La Fontaine) vraiment sympas, qui ont une âme, où vous pourrez acquérir, pour moins de 20 francs, un ami indispensable. Je veux parler du livre «Les poèmes de la Fête des Vignerons» (Éditions Zoé), qui ont été écrits par Stéphane Blok et Blaise Hofmann. Ces deux auteurs ont bossé dur et drôlement bien pour créer ces textes, chantés divinement par les chœurs dans l’arène.

Je ne connais rien à la technologie du son, mais dans toute cette beauté vocale et musicale, on peine à comprendre les mots. Pas grave, si on a le livre en main. Un œil de temps en temps sur le poème, et tout apparaît clair, l’histoire, le sens des tableaux. Sans le livre, c’est bien, mais avec lui c’est tellement mieux. Vingt francs, pour entrer vraiment dans la Fête, ce n’est rien. Et avec une petite dédicace des auteurs qui en sont très généreux, il restera longtemps, longtemps, auprès de vous, comme une douce écharpe de soie.

24 heures

Philippe Dubath
Philippe Dubath