2019-12-02 21:24

Entarteurs, allez voter!

  • Patrick Monay

Un milk-shake balancé en pleine figure, puis la fuite. Les militants d’extrême gauche qui ont agressé Roger Köppel et Christoph Mörgeli la semaine dernière dans un café zurichois ont choisi la pire des manières pour agir. Leur cible était la «Weltwoche», le journal des deux politiciens UDC. Un magazine qui, selon ces activistes, «répand la haine raciste, sexiste et contraire aux droits humains».

Le groupuscule qui a revendiqué cet entartage pitoyable a doublement raté son coup. D’abord, le duo Köppel-Mörgeli a pris soin d’éviter de réagir publiquement, pour ne pas offrir à ces quérulents la publicité qu’ils cherchaient. Ceux-ci ont dû se résoudre à vanter leur exploit sur les réseaux sociaux pour attirer un tant soit peu d’attention médiatique.

Deuxièmement, une action aussi stupide dessert la cause qu’elle est censée soutenir. Par le passé, la même mouvance d’extrême gauche avait déjà sprayé la devanture de la «Weltwoche». En marge des manifestations du 1er Mai, des personnes encagoulées étaient allées jusqu’à détruire un stand de nourriture tenu par la femme d’un journaliste de l’hebdomadaire.

«Quiconque recourt à la violence pour critiquer une opinion politique prouve qu’il est à court d’arguments pour le faire»

Tout cela est indéfendable. Quiconque recourt à la violence pour critiquer une opinion politique prouve qu’il est à court d’arguments pour le faire. Même sous couvert d’antifascisme, la brutalité et la bêtise de gauche sont tout aussi inadmissibles que les dérives de l’extrême droite.

Ce qui est en jeu ici, c’est la liberté d’expression, l’un des fondements de notre société. Elle doit être défendue avec constance et détermination. Si l’on n’est pas d’accord avec la politique défendue par Roger Köppel et son camp, la meilleure façon de le manifester est d’exprimer des opinions différentes. Soit en s’engageant soi-même, soit en votant pour les personnes ou un parti qui portent d’autres idées.

Entarteurs et agitateurs de tous bords, saisissez la chance qui vous est offerte de prendre part au débat public. En vous rendant aux urnes, vous contribuerez à réduire les taux d’absentéisme dont souffre la Suisse. Vous ferez ainsi honneur à notre démocratie. Et à vos adversaires.

24 heures

Patrick Monay, chef de la rubrique Suisse
Patrick Monay, chef de la rubrique Suisse