2018-03-20 22:59

Sombre débat sur les contrôles de police

Lausanne

Le Conseil communal a débattu ce mardi soir de la lutte contre le deal de rue, jugée raciste et criminelle par l'extrême gauche.

Le municipal de la police lausannoise, Pierre-Antoine Hildbrand, a défendu l'action de la police sans pouvoir préjuger de ce qui s'est passé lors de l'arrestation mouvementée du 28 février.

Le municipal de la police lausannoise, Pierre-Antoine Hildbrand, a défendu l'action de la police sans pouvoir préjuger de ce qui s'est passé lors de l'arrestation mouvementée du 28 février.

(Photo: CHRISTIAN BRUN/A)

  • Lise Bourgeois

La mort de Mike, un Nigérian décédé le 28 février peu après son interpellation mouvementée par la police, a provoqué un sombre débat, ce mardi soir, au Conseil communal de Lausanne. Après le drame qui fait actuellement l'objet d'une enquête et qui a réuni déjà deux manifestations (dont une mardi soir précisément), le corps délibérant a traité d'une interpellation du groupe Ensemble à gauche. Le texte demandait à la Municipalité dans quelle mesure la chasse aux dealers ne contribue pas à instaurer un climat de violence.

Le municipal PLR Pierre-Antoine Hildbrand a fait valoir qu'il ne pouvait pas s'exprimer sur le cas précis du récent décès de l'homme de quarante ans, le cas n'étant pas encore élucidé par l'enquête. "Nous souhaitons que toute la lumière soit faite, a posé l'édile. Et la Municipalité ne peut qu'être affectée par un décès. Mais nous continuons de vouloir une politique résolue contre le trafic de drogue. Il n'y a pas de harcèlement, pas de chasse à l'homme: il s'agit de perturber les transactions. La population nous le demande."

Insatisfait des réponses de Pierre-Antoine Hildrand, le conseiller communal Pierre Conscience d'Ensemble à gauche a dénoncé un "climat de peur" qui "pose plus de problèmes qu'il n'en règle". Poursuivant sur sa lancée, le groupe de la gauche radicale a laissé entendre que la police, en traquant des dealers d'origine africaine, ne pouvait que se rendre coupable de délit de faciès et peut-être de racisme. La popiste Céline Misiego a lu un extrait d'un manuel de formation pour les policiers qui désigne explicitement les Albanais et les ressortissants africains.

Ces allégations ont provoqué l'indignation de la droite qui n'accepte pas que l'on condamne la police sans avoir aucune idée des résultats de l'enquête. Le PLR Xavier de Haller s'en est pris aux envolées verbales, entendues notamment lors de la manifestation contre les contrôles de police, où il est affirmé qu'un homme est mort "sous les coups de la police". "Monsieur Conscience demande des gardes-fou dans la chasse au deal, a martelé le PLR, or je pense qu'il en faut contre certains propos."

A gauche, le socialiste Benoît Gaillard a estimé "déplaisant" les allégations de ses collègues de la gauche dure. Comment peut-on traiter la police de raciste parce qu'elle est amenée à se pencher sur un trafic dû essentiellement à des gens d'origine africaine?, a-t-il demandé. La première partie du débat a finalement été interrompue par une motion d'ordre qui exigeait la fin de la discussion jugée hors sujet tant que les résultats de l'enquête ne sont pas établis.

La suite de la discussion n'a pas débouché sur davantage de résultats, les éléments abordés concernaient les droits humains et sociaux des migrants. Ils ont été jugés par une majorité trop vagues et, encore une fois, hors sujet.

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