2019-09-18 08:21

Au plus bas, le PDC Vaud court pour sa survie

Prochain arrêt: Berne (2/7)

Les scores du parti centriste n’ont jamais été aussi faibles. Quel sera l’impact du voyage de Claude Béglé en Corée du Nord?

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(Photo: Bénédicte)

  • Mathieu Signorell

Il y a deux questions qui se posent à propos du Parti démocrate-chrétien vaudois (PDC) dans cette campagne électorale. La première: après avoir atteint en 2015 son score le plus faible depuis 30 ans, parviendra-t-il à freiner son érosion? Et la deuxième: la polémique autour du voyage en Corée du Nord de son conseiller national Claude Béglé aura-t-elle un impact sur ses résultats en octobre?

La situation est critique pour le parti centriste. D’autant plus que, entre-temps, il a vu fondre le nombre de ses députés au parlement cantonal, lequel est passé de quatre à un seul en 2017. Sans compter que le parti suisse fait un mauvais buzz cette semaine en s’en prenant nommément à ses adversaires sur internet.

Alors, quelles réponses le PDC vaudois apporte-t-il aux deux questions qui se posent? Pour Isabelle Tasset Vacheyrout, sa coprésidente, le parti réussira à maintenir son siège à Berne. Elle vise même «clairement» un deuxième fauteuil: «La faiblesse du centre dans le canton de Vaud est une anomalie, en comparaison avec les cantons voisins. Il existe chez nous un vivier d’électeurs qui ne votent pas, ou qui sont des centristes sans le savoir.»

«Libre penseur»

Et concernant le voyage de Claude Béglé et ses commentaires élogieux pour le régime nord-coréen, Isabelle Tasset Vacheyrout répond en relayant l’opinion d’électeurs qu’elle rencontre: «Certains trouvent intéressant et courageux le côté libre penseur de Claude Béglé. Ils me disent que c’est une bonne chose qu’une personnalité publique arrive à exprimer un avis qui ne soit pas dans la pensée mainstream, à dire des choses que la plupart des gens ne peuvent pas entendre alors que cela correspond peut-être à une réalité.»

Abondant en ce sens, Claude Béglé estime difficile de prédire quoi que ce soit: «Je ne suis pas en souci. Dans une élection, il y a toujours un facteur d’impondérable. C’est à l’électeur de décider, mais je suis confiant.»

Alliance obligatoire

Premier de classe dans des cantons traditionnellement catholiques comme Fribourg ou le Valais, le PDC n’a jamais fait le plein dans le Canton de Vaud. Alors que l’union avec les Vert’libéraux est morte, il n’a pas 36 solutions: s’allier avec les petits partis du centre, comme en 2015 (lire ci-contre). C’est-à-dire avec le Parti évangélique (PEV), l’Union démocratique fédérale (UDF) et le Parti bourgeois-démocratique (PBD). «Le maintien de notre siège est tout à fait vraisemblable, grâce à notre apparentement, estime Claude Béglé. Nous pouvons imaginer que le PDC obtiendra 4% des suffrages. Les petits partis peuvent arriver à environ 3%. Cela fait au total bien plus que les 5% requis pour maintenir notre siège.»

Des porteurs d’eau?

Sauf que ces alliés refusent d’être des simples réservoirs de voix. Ils veulent en profiter eux-mêmes avant. Raison pour laquelle ils se sont alliés entre eux, histoire de voir si leurs résultats cumulés leur permettent d’obtenir un élu. Si ce n’est pas le cas, par le système de calcul des résultats électoraux, leurs suffrages bénéficieront alors au PDC. «Nous ne devons pas nous leurrer, mais nous essayons quand même d’obtenir notre propre siège», explique François Bachmann, le vice-président du PEV. Quant au caractère prétendument captif de l’électorat chrétien des petits partis, il le bat en brèche: «Vous seriez étonnés. Les paroisses et les pasteurs sont très frileux à l’idée de s’investir en politique.»

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