2019-07-19 10:58

Grandiose la nuit, la fresque de la FeVi devient plus humaine de jour

Vevey

Le spectacle imaginé par Daniele Finzi Pasca a été dévoilé pour la première fois en pleine journée.

Le Messager boiteux, figure folklorique de la Fête, est cette année une femme: Sofia Gonzalez, jeune Vaudoise de 18 ans, née à Jongny et amputée de la jambe droite pour malformation à l’âge de 3 ans. Sa course dans l’arène secoue la Fête de modernité.

Le Messager boiteux, figure folklorique de la Fête, est cette année une femme: Sofia Gonzalez, jeune Vaudoise de 18 ans, née à Jongny et amputée de la jambe droite pour malformation à l’âge de 3 ans. Sa course dans l’arène secoue la Fête de modernité.

(Photo: ODILE MEYLAN)

  • Gérald Cordonier

Le jour et la nuit! La grande fresque viticole de la Fête des Vignerons s’est déployée pour la première fois avant que le soleil ne se couche et devant le public acquis du Couronnement.

Grandiose! Et radicalement différente de celle découverte mardi soir. Jeudi, l’essentiel du spectacle s’est joué entre 19 et 21 heures. Et seuls les quatre derniers tableaux ont été assurés quand la lune s’était levée, offrant un finale multicolore une fois la consécration des vignerons-tâcherons terminée.

Certes, des progrès ont été réalisés, mais des problèmes liés au son persistent plus ou moins, selon où le spectateur se situe dans l’arène.

Côté durée (2h45, mardi soir), celle-ci a été judicieusement réduite d’une bonne quinzaine de minutes grâce à de minutieux resserrements ainsi qu’à l’absence du tableau «Longue Nuit», un pas de deux poétique à travers l’univers réservé aux représentations nocturnes.

Au-delà de ces améliorations techniques, c’est à une tout autre représentation que le public a été convié. ­Daniele Finzi Pasca l’avait laissé entendre, il n’a pas conçu un mais plutôt deux spectacles. C’est clair, la générosité du metteur en scène ne peut être prise en défaut : de jour ou entre chien et loup, les sensations sont vraiment différentes de celles qu’offre un déroulé complet des vingt tableaux sous ciel étoilé. Dans une pleine lumière ­- sans ombres ou éclairages obliques ni un bain permanent de projections multicolores -, tout se perçoit mieux. La communion entre public et artistes est totale. Le plaisir et l’énergie des figurants sont contagieux. L’épopée viticole devient beaucoup plus humaine.

Car les massifs mouvements de foule qui ont fasciné le soir laissent place à des chorégraphies beaucoup plus subtiles de jour. Avec les figurants les plus proches, regards et sourires s’échangent. Les détails des costumes (sublimes et signés Giovanna Buzzi) se savourent sans fin. Et l’incroyable parterre de LED qui fait du spectacle nocturne un impressionnant show lumineux change complètement de fonction. Avant tout écran géant plutôt que projecteur explosant de couleurs, il rehausse chaque tableau du décor imaginé. Reste maintenant à savoir s’il faut préférer une représentation diurne ou nocturne. Impossible de trancher, tant la proposition artistique est différente.


L'avis en vidéo des spectateurs de la première

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