2016-02-17 10:59

L’avenir de la place d’Armes est l’enjeu majeur de l’élection

Yverdon-les-Bains

Le très attendu parking souterrain qui libérera 4,5 hectares au cœur de la ville sera réalisé d’ici à 2021. Deux visions s’affrontent.

La place d'Armes est plus que jamais au cœur des discussions en cette période électorale.

La place d'Armes est plus que jamais au cœur des discussions en cette période électorale.

(Photo: Olivier Allenspach-A)

  • Vincent Maendly

«Il est sérieusement question de construire à Yverdon un parking sous la place d’Armes. Un important groupement financier privé a déjà présenté plusieurs projets à la Municipalité qui est d’accord de donner suite», rapportait la Feuille d’Avis de Lausannedans son édition du 7 octobre 1964. Un demi-siècle plus tard, on y est presque: les pelleteuses s’activeront durant la prochaine législature pour enterrer toutes les voitures parquées entre la gare et le centre-ville historique. Libérant 4,5 hectares de terrain au cœur du chef-lieu. Le projet est historique pour la ville; il est donc un enjeu majeur des élections. Car si aucun élu ne remet en question le bien-fondé d’un parking souterrain, son dimensionnement fait débat. En reprenant la majorité à la Municipalité il y a un an, le PLR a revu ce projet. L’«objectif minimal de 550 places garantissant un statu quo», évoqué par la Verte Marianne Savary alors en charge du dossier, avait fait place à une estimation d’environ 700 cases. On est passé à 1100 places sous l’impulsion de la droite. «Pour anticiper les besoins des décennies à venir», rappelle le syndic PLR, Jean-Daniel Carrard, pour qui il en va de la vitalité du centre-ville. «Et n’oublions pas que des habitants et commerçants du centre-ville sont aussi prêts à louer des places à l’année, selon le sondage mené par la Police Nord vaudois.»

Appel d’offres bientôt lancé

Les trois investisseurs privés qui ont fait part de leur intérêt en 2014 recevront en mars un appel d’offres. Celui qui empochera le marché et obtiendra l’exploitation du site, ainsi que la société Maus Frères, qui compte déménager son magasin Manor dans le futur bâtiment dit «Front de Gare», financeront quelques centaines de places. La Ville prendra en charge le solde. La somme de 17,5 millions de francs est prévue au plan des investissements pour le parking et le réaménagement de la surface de la place d’Armes.

Alors que ce projet reçoit le soutien des autres formations de droite, le camp rose-rouge-vert est unanime à critiquer un parking «surdimensionné». «L’offre doit répondre à la demande, pas la créer», s’inquiète l’écologiste Carmen Tanner, qui craint de voir le futur poumon vert de la cité asphyxié sous les gaz d’échappement. «Arrêtons de peindre le diable sur la muraille: la route de contournement drainera hors du centre-ville le trafic de transit», rétorque la municipale PLR de l’urbanisme, Gloria Capt.

Dans les rangs de l’opposition, on doute de la rentabilité commerciale d’un parking si grand. «Il ne faut pas que la Ville se retrouve à devoir supporter les conséquences financières d’un parking disproportionné», argue le socialiste Pierre Dessemontet.

Incidence sur le parcage

La dimension du parking aura bien sûr un effet sur le parcage en surface. Pour garantir un taux de remplissage suffisant de l’infrastructure, 795 places extérieures seront supprimées, selon le chiffre articulé par la Municipalité. Qui compte donc augmenter de 305 unités la capacité de parcage au centre-ville. Sur ces 795 places condamnées, un peu moins de 600 sont comprises dans le périmètre au sens restreint de la place d’Armes. Les 200 autres seront biffées dans les rues alentour. Ce serait l’occasion, espère la gauche, de délester certaines rues – celle de la Plaine notamment – d’un trop-plein de voitures.

24 heures s’est procuré une simulation réalisée par le Service de l’Urbanisme. Ce document interne envisage la disparition de places de parc à la rue de la Plaine (–26), à la rue du Valentin (–5), au parking du Château (–12), à celui des Casernes (–56), etc. «Il n’y a aucune décision prise par la Municipalité, tout cela reste à affiner, réagit Gloria Capt. Le moment venu, il y aura des aménagements à prévoir, des études à mener, des discussions avec les commerçants, etc.» Le sujet est ultrasensible. En 2013, le déplacement de quelques places de parc à la rue du Valentin avait généré une pétition de 3000 signatures.

La municipale souligne: «Le cahier des charges de l’appel d’offres définit un cadre qui peut être amené à bouger selon les retours que nous font les investisseurs. Il s’agit d’hypothèses de travail, rien n’est encore gravé dans le marbre.» C’est dire si un nouveau changement de majorité à la Municipalité au mois de juin peut amener le projet à – encore – évoluer. Le but est de mettre en service le parking souterrain en 2019.

24 heures