ABO+2019-01-28 21:11

Le problème ce sont les munitions, pas les armes

Gilets jaunes

Le constructeur suisse des très controversés «Flash Balls» pointe du doigt les cartouches utilisées par les Français.

Une vingtaine de personnes ont été gravement blessées par les flash-balls depuis le début du mouvement des «gilets jaunes».

Une vingtaine de personnes ont été gravement blessées par les flash-balls depuis le début du mouvement des «gilets jaunes».

(Photo: Keystone)

  • Lucie Monnat

Disproportionnés, dangereux, mutilants: les flash-balls des forces de l’ordre françaises sont pointés du doigt pour les blessures infligées à de nombreux «gilets jaunes». L’arme est pourtant conçue «pour limiter au maximum des dégâts collatéraux aux manifestants pacifistes», se défend son constructeur, le Suisse B & T, dont l’usine de production est basée à Thoune (BE). Selon lui, le problème se situerait ailleurs. «Les munitions utilisées exercent une influence substantielle sur les effets et la précision. En cas d’utilisation de munitions des autres fabricants, il y a le risque que la précision baisse et que les blessures augmentent considérablement», affirme l’un de ses employés, qui tient à conserver son anonymat en raison de menaces proférées récemment contre l’entreprise. «Notre système a d’ailleurs remplacé ou complété d’anciens moyens d’intervention utilisés par les services d’ordre et présentant des risques de blessures plus élevés, comme la matraque, les balles en caoutchouc et le gaz lacrymogène.» B & T en veut pour preuve le bon usage que font les polices cantonales suisses de cette même arme, elles qui ont recours aux cartouches produites par le fabricant bernois. L’utilisation des flash-balls par les policiers suisses – par exemple lors de dérapages de hooligans – reste toutefois très anecdotique.

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