2020-01-17 06:54

L’écoquartier du Crépon ne ravit pas tout le monde

Echallens

Mis à l’enquête avant les fêtes, le projet prévoyant d'accueillir plus de 800 habitants a suscité de nombreuses oppositions.

L'écoquartier du Crépon à Echallens se constitue de 411 appartements qui seraient construits à la sorte sud du village, devant le complexe scolaire de Court-Champ (bâtiments à droite au premier plan sur l'image)

L'écoquartier du Crépon à Echallens se constitue de 411 appartements qui seraient construits à la sorte sud du village, devant le complexe scolaire de Court-Champ (bâtiments à droite au premier plan sur l'image)

(Photo: DR)

  • Sylvain Muller

Bouclée le 22 décembre dernier, la mise à l’enquête de l’écoquartier du Crépon, à Échallens, n’aura pas permis à ses promoteurs de passer des Fêtes sereines. Pas moins de 28 oppositions ont été formulées, dont une de l’Association pour la sauvegarde d’Échallens regroupant plus de 100 signatures. Trois points cristallisent l’essentiel des reproches: une augmentation de 1600m2 de la surface constructible par rapport au plan partiel d’affectation (PPA) validé par le Conseil communal, le passage de 300-350 appartements à 411 au final et enfin l’emprise de certaines constructions. Dans une lettre envoyée au Conseil communal, que nous avons pu nous procurer, l’ancienne conseillère communale et riveraine Corinne Farquharson se dit «frappée par le non-respect de l’esprit des négociations et des mesures adoptées lors de l’acceptation du PPA».

En regard du travail d’information effectué et des compromis trouvés lors de la préparation du projet, le syndic d’Échallens, Jean-Paul Nicoulin, s’avoue déçu. Il répond toutefois aux reproches formulés: «La première question sera tranchée par les juristes. Mais les écoquartiers labellisés Minergie-P-ECO, comme celui projeté, ont droit à une marge de 5% au niveau de la surface constructible autorisée.»

Par rapport à l’augmentation du nombre d’appartements, il explique que depuis les premiers projets, et pour s’adapter à la demande du marché, le nombre de logements de 2,5 et 3,5 pièces a fortement augmenté au détriment notamment des 4,5 et 5 pièces. L’élu assure donc que, contrairement aux apparences, le nombre total d’habitants attendu n’a pas augmenté dans les proportions évoquées par plusieurs opposants. Enfin, il relève que le problème de l’emprise des bâtiments est une conséquence des mesures prises pour éviter l’effet «barres du Lignon» craint par de nombreux riverains.

L’arrivée de quelque 800 nouveaux Challensois·es est au cœur de la majorité des autres oppositions, qui sont donc plus «philosophiques» que techniques. D’autant plus que le projet d’implantation d’un gymnase dans le même secteur est toujours à l’étude. Comment la commune, et en particulier son réseau routier déjà saturé aux heures de pointe, va-t-elle pouvoir absorber cette augmentation de sa population?

Jean-Paul Nicoulin rappelle que la question avait été traitée au niveau du plan partiel d’affectation déjà, via une étude de mobilité validée par la DGMR (Direction générale de la mobilité et des routes). Pour le reste (écoles, épuration, déchetterie…), il affirme ne pas voir d’obstacle majeur.

«Mais cela ne veut pas dire que nous nous contenterons de lever les oppositions. Je me prépare à un nombre important de séances, dans le but de rencontrer chacun des opposants et, je l’espère, de trouver des solutions.» Mandaté pour piloter le projet du côté des constructeurs, l’administrateur délégué de la société Realitim Management SA, Daniel Moser, va dans le même sens: «Nous sommes confiants, car nous estimons que notre projet est parfaitement conforme au PPA. Nous sommes d’ailleurs ouverts à présenter tous les documents qui permettront de clarifier les incompréhensions qui ont été manifestées.»


Les étapes du chantier

16.11.2018:Le Conseil communal accepte de vendre la parcelle

16.10.2018:Les constructeurs sont choisis

29.04.2016:Le projet est redimensionné

13.11.2015:Un écoquartier à la campagne

30.10.2015:Le plan d'affectation est à l'enquête

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