2020-03-23 22:39

Le coronavirus rend les déménagements périlleux

Immobilier

Changer de logement devient dangereux, voire impossible. L'Asloca veut les suspendre jusqu'à nouvel ordre.

Impossible de déménager pour les personnes testées positives au coronavirus et mises en quarantaine.

Impossible de déménager pour les personnes testées positives au coronavirus et mises en quarantaine.

(Photo: Matthew Hamilton /Unsplash)

  • Ivan Radja

Comment respecter les gestes barrières en transbahutant meubles et cartons d'un domicile à l'autre? Impossible ou presque, répond Carlo Sommaruga, qui compte «demander un gel des déménagements» lors de sa rencontre ce mardi avec le Conseil fédéral. Avec des exceptions, «pour des personnes ne présentant pas de symptômes du coronavirus, un jeune couple par exemple, qui déménage ses affaires avec une petite camionnette», précise le président de l'Asloca. «On peut imaginer dans ces cas précis une sortie de ce gel via un accord passé entre le bailleur et le locataire.»

Pour les personnes à risque en revanche, ou de plus de 65 ans, qui de surcroît feraient appel à une entreprise spécialisée, «pour peu qu'ils en trouvent qui travaille encore», le changement de logement est devenu une opération hautement risquée.

Bientôt le 31 mars

La question presse, car le 31 mars approche à grands pas. «Imaginez une personne qui a donné la dédite à son ancien propriétaire, qui a signé le bail de son nouveau logement, et qui depuis a été testée positive et est, de ce fait, confinée chez elle, en quarantaine...», poursuit Carlo Sommaruga. «Sans parler des travaux à faire en vue de l'état des lieux et de la remise des clefs, qui nécessitent parfois de faire appel à une société de nettoyage», ajoute pour sa part le conseiller national (PLR/VS) Philippe Nantermod, président de l'Union suisse des propriétaires immobiliers. «Les déménagements constituent un véritable problème en cette période, et il serait préférable de les reporter quand c'est possible.»

Mais demeure la question financière, pointe Carlo Sommaruga: «Il faudra régler dans un second temps la question des doubles loyers que pourraient être amenés à payer les locataires coincés dans le logement qu'ils étaient censés quitter». Tout le monde ne peut pas se le permettre. Et encore faut-il pouvoir rester dans ses anciens murs: peut-être le nouveau locataire attend-il devant la porte avec ses propres cartons...

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