2016-02-23 12:09

Dylan Page et Valentin Baillifard rêvent de participer au Tour de Romandie

Cyclisme

Equipe continentale pro, le team Roth offre un joli tremplin aux jeunes. L’Aiglon et le Valaisan espèrent s’illustrer sur la boucle romande.

Dylan Page, Valentin Baillifard et Jean-Jacques Loup fondent beaucoup d'espoirs sur la saison en cours.

Dylan Page, Valentin Baillifard et Jean-Jacques Loup fondent beaucoup d'espoirs sur la saison en cours.

(Photo: CHANTAL DERVEY)

Ils appartiennent à la génération 93. Ils symbolisent ces petits Suisses qui sprintent et qui grimpent. Dans le rôle du véloce, le Vaudois Dylan Page; dans celui du montagnard, le Valaisan Valentin Baillifard. L’histoire se conjugue au présent mais se confond aussi avec le passé. Dans cette équipe Roth porteuse d’espoirs, Jean-Jacques Loup officie comme directeur sportif adjoint. La direction sportive est assurée par Uwe Peschel, champion olympique du chrono par équipes en 1992.

Loup a traversé les époques. Le Broyard a relancé le cyclisme pro en Suisse dans les années 90 avec PMU Romand, Swiss Post, puis a contribué à la mise en route de Phonak. Retour au présent. A Majorque, en ouverture de la saison, Dylan Page s’est hissé sur le podium lors du Trofeo Playa de Palma. Une troisième place significative acquise dans le sillage d’André Greipel (victorieux d’étape à quatre reprises sur le Tour 2015) et de Nacer Bouhanni. «Je savais qu’il y avait un virage à 180 degrés. Je l’ai négocié au mieux. J’ai pris la roue de Greipel, puis j’ai joué autant avec mes coudes qu’avec mes jambes. Au final, un podium, avec, en guise de prime, une bonne dose d’adrénaline», rigole l’Aiglon. Retenu pour le Tour de l’Avenir, sélectionné pour le Mondial, il a glissé une précieuse expérience dans sa musette l’an passé. Degenkolb, Kristoff et Sagan font partie des coureurs qui inspirent son action.

Spécificités obligent, Dylan Page (1,75 m pour 63 kg) est plus musculeux que son coéquipier Valentin Baillifard (1,69 m pour 55 kg). «On n’a pas le même profil mais l’un comme l’autre nous pouvons obtenir des résultats dans une formation qui ne regor­ge pas de grands leaders», constatent d’une voix les deux compères. «Le cyclisme, rappelons-le, est un sport d’équipe. Il faut savoir donner pour recevoir. Le ter­me se sacrifier pour l’autre n’est pas galvaudé. Ce travail est (re)con­nu par le milieu, pas par le grand public. Le foot et le hockey s’appuient sur des statistiques pour souligner les mérites respectifs.»

«C’est vrai, sourit le coureur de Bagnes. Je dors bien, beaucoup. C’est le meil­leur moyen pour récupérer»

Les deux espoirs du Team Roth participent cette semaine au Tour de Langkawi (8 étapes). Ils font chambre commune. «Etape bouclée, soins prodigués et meetings terminés, il restera une heure ou deux pour parler d’autre chose que de cyclisme. On parlera de films, de voitures et de filles bien sûr (rires).» Le vélo mène à tout, à condition d’en sortir! «On n’aura pas beaucoup de temps car Valentin est un couche-tôt», souffle Dylan. «C’est vrai, sourit le coureur de Bagnes. Je dors bien, beaucoup. C’est le meil­leur moyen pour récupérer.» Il y a quelques décennies un Cannibale nommé Eddy Merckx tenait un discours identique.

Ces trois dernières années, Valentin Baillifard évoluait au sein de la formation réserve de BMC, celle du champion de Suisse Danilo Wyss. L’été dernier, il s’est notamment classé troisième de l’étape reine du Tour des Pays de Savoie. Il est issu des rangs du VC Excelsior Martigny, à l’instar de Sébastien Reichenbach («que je connais bien et apprécie») et de Simon Pellaud. Au moment de citer des coureurs qui ont valeur de modèle à ses yeux, il avance les noms de Tschopp («qui ne s’est jamais pris pour une star») et de Purito Rodriguez.

Rouler à domicile

La tenue du 70e Tour de Romandie (26 avril au 1er mai) les fait saliver par avance. «Nous rêvons d’y participer. Ce sont nos routes d’entraînement et il s’agit là d’une belle et rare occasion d’évoluer devant nos supporters.» Jean-Jacques Loup renchérit et pronostique: «Une participation au Tour de Romandie pour le moral et une autre au TdS pour le mental. Au pays, on parvient toujours à se transcender. En football, les terrains sont tous pareils. C’est jouer à domicile qui fait la différence.»

La balle est dans le camp de Richard Chassot et du patron du TdS. Le patron de la boucle romande a déjà l’obligation d’accueillir les 18 équipes World Tour. Accordera-t-il une place au Petit Poucet suisse? Parce que le TdR plantera littéralement sa tente en Valais (Morgins, Sion et Conthey), parce qu’il est né un 25 décembre, Baillifard se plaît à rêver en couleur.

Paris-Roubaix n’a pas eu d’états d’âme. Roth n’a pas bénéficié d’une des sept wild cards délivrées lundi par ASO, l’organisateur du Tour. Dommage pour Dylan Page. Le Vaudois ne cache pas une attirance pour l’Enfer du Nord. «J’ai pris part deux fois à l’épreu­ve. J’ai un bon ressenti sur les pavés.» Un terrain sur lequel ses qualités de cyclo-crossman le favorisent. Baillifard ne se formalise pas de cette non-convocation. «De toute façon, comme chaque année, je ferai les 40 derniers kilomètres devant, devant mon poste télé», lâche-t-il, l’œil rieur. Ce poids plume sait que l’audimat grimpe dans la dernière heure de course. Fin mars, Baillifard pointera sa légère silhouette au Critérium International.

24 heures

Il a côtoyé Thierry Sabine sur le Paris-Dakar

Le rallye raid a célébré les 30 ans de la mort de Thierry Sabine. «C’était un showman, un meneur d’hommes qui avait du charisme. Il était toujours à la limite de l’ironie pour pousser les gens à l’extrême. Je me suis aligné il y a trente-trois ans sur une moto standard contre les motos d’usine.» A la clé un méritoire 13e rang. «J’y ai participé quatre fois, la dernière c’était son père qui était aux commandes.»
Le rallye raid a célébré les 30 ans de la mort de Thierry Sabine. «C’était un showman, un meneur d’hommes qui avait du charisme. Il était toujours à la limite de l’ironie pour pousser les gens à l’extrême. Je me suis aligné il y a trente-trois ans sur une moto standard contre les motos d’usine.» A la clé un méritoire 13e rang. «J’y ai participé quatre fois, la dernière c’était son père qui était aux commandes.»

Il a mis en selle Alex Zülle chez les professionnels

L’image souligne la complicité qui unissait Alex Zülle et Jean-Jacques Loup. «C’était au GP Tell 1991. Laurent Dufaux était passé pro chez Helvetia et j’avais fait une place à Alex. Il n’avait pas envie de passer pro. Il avait pris le maillot de leader et grâce à Stephen Hodge j’ai pu le présenter à Manolo Saiz (Once). Alex a signé son premier contrat sur le bord d’un lit dans la chambre d’hôtel du manager espagnol.»
L’image souligne la complicité qui unissait Alex Zülle et Jean-Jacques Loup. «C’était au GP Tell 1991. Laurent Dufaux était passé pro chez Helvetia et j’avais fait une place à Alex. Il n’avait pas envie de passer pro. Il avait pris le maillot de leader et grâce à Stephen Hodge j’ai pu le présenter à Manolo Saiz (Once). Alex a signé son premier contrat sur le bord d’un lit dans la chambre d’hôtel du manager espagnol.»

Il a inventé le dépannage à moto à Paris-Roubaix

En 1984, le citoyen de Montmagny a été le précurseur du dépannage à moto à Paris-Roubaix. Pour ceux qui connaissent les sentes fangeuses de l’Enfer du Nord, l’innovation ne relève pas de l’anecdotique. «Frustré par le manque d’efficacité au moment de dépanner l’un ou l’autre malchanceux sur les pavés, Bruno Gormand, patron de Mavic, suggéra l’idée d’utiliser une moto. J’ai dit banco!»
En 1984, le citoyen de Montmagny a été le précurseur du dépannage à moto à Paris-Roubaix. Pour ceux qui connaissent les sentes fangeuses de l’Enfer du Nord, l’innovation ne relève pas de l’anecdotique. «Frustré par le manque d’efficacité au moment de dépanner l’un ou l’autre malchanceux sur les pavés, Bruno Gormand, patron de Mavic, suggéra l’idée d’utiliser une moto. J’ai dit banco!»