2017-10-31 11:58

Bientôt, le premier réfugié climatique reconnu?

Nouvelle-Zélande

La Nouvelle-Zélande envisage de créer un visa pour les réfugiés climatiques. Ce serait une première mondiale.

James Shaw, le nouveau ministre du changement climatique de Nouvelle-Zélande.

James Shaw, le nouveau ministre du changement climatique de Nouvelle-Zélande.

(Photo: Reuters)

  • Cathy Macherel

«Un visa humanitaire expérimental». C’est en ces termes que le nouveau gouvernement néo-zélandais, composé depuis septembre d’une coalition entre écologistes et travaillistes, envisage de créer un nouveau statut reconnaissant les réfugiés climatiques. Il permettrait d’accueillir les victimes de la montée des eaux, due au réchauffement climatique, des îles du Pacifique.

Ce statut expérimental prévoit une centaine de visas, a expliqué James Shaw, le nouveau ministre du changement climatique sur les ondes de Radio New Zealand, en expliquant vouloir mettre en place un partenariat avec les îles du Pacifique. L’annonce s’inscrit dans le refus, il y a une semaine, d’une Cour de justice d’accorder le statut de réfugié à deux familles ayant fui les îles Tuvalu. Elles invoquaient le manque d’accès à l’eau potable et l’impact du réchauffement climatique, qui génère érosion et montée des eaux les empêchant de vivre sur le littoral de leur petit atoll, pour pouvoir rester en Nouvelle-Zélande. Tuvalu est devenu un symbole planétaire des effets du climat qui se détraque, l’État insulaire ayant perdu 7% de son territoire en l’espace de dix ans.

Aucune base légale existante

Les deux familles ont été toutefois déboutées par le tribunal. Les juges ont reconnu que le retour à Tuvalu de ces requérants allait leur poser des problèmes socio-économiques notamment en raison des effets du changement climatique, mais argue qu’aucune base légale n’existe pour leur attribuer un statut de réfugié. En 2014, une famille des îles Kiribati avait déjà été déboutée sur la base du même argument.

Pour rappel, la Convention de l’ONU relative au statut des réfugiés, qui date de 1951, offre protection à toute personne «craignant avec raison d’être persécutée du fait de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à certain groupe social ou de ses opinions politiques» dans son pays.

Par peur d’ouvrir une brèche et voir débarquer des milliers de réfugiés, aucun pays n’a cherché à ce jour à remettre en cause cette stricte définition. Dans les faits, nombre d’États ont pourtant déjà accepté sur leur territoire les victimes d’ouragans, de sécheresse, d’inondations, mais en se débrouillant pour leur accorder des permis humanitaires spéciaux.

Un pas important

Le débat est toutefois bien lancé à l’échelle de la communauté internationale sur la manière de traiter les déplacés climatiques. Et il ne va pas s’atténuer au vu du constat des climatologues. Entre 2000 et 2016, le nombre de catastrophes naturelles a augmenté de 46% dans le monde, selon l’étude qu’a publiée mardi The Lancet, sur la base de travaux de 24 organismes, dont l’OMM (Organisation météorologie mondiale) et l’OMS.

L’initiative néo-zélandaise fait donc figure de pas important parmi les initiatives visant à combler le vide juridique sur les victimes du climat.

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