2019-10-07 06:50

Faire rimer justice climatique avec justice fiscale

L’invité

Pierre Conscience souhaite que les grandes entreprises portent le coût de la transition écologique, plutôt que les salariés et retraités.

  • Pierre Conscience

Campagne électorale et urgence écologique obligent, les principaux partis se font tous les hérauts du climat. Des Verts au PLR, ils prônent notamment le développement de nouvelles taxes sur la mobilité. Dérisoires quant à leurs effets réels sur les émissions de CO2, ces mesures renforcent les inégalités sociales et poussent les ménages aux revenus modestes à s’opposer à toute politique écologique conséquente.

À l’image de la TVA, ce modèle d’imposition est particulièrement injuste, puisqu’il n’est pas progressif. De plus, il pénalise celles et ceux qui n’ont à ce jour aucune alternative au transport individuel motorisé pour se déplacer. En clair, ces taxes sont antisociales et frappent surtout les classes populaires.

Preuve qu’ils n’osent pas s’attaquer aux sources du problème, ces mêmes partis ont de surcroît mis en œuvre, aux niveaux cantonal et fédéral, une baisse massive de l’impôt sur le bénéfice des entreprises, renforçant ainsi le rôle de paradis fiscal que joue la Suisse au niveau international. Or, ces cadeaux fiscaux profitent principalement aux entreprises les plus riches et les plus polluantes comme Vale, Glencore, Credit Suisse ou encore LafargeHolcim, responsables de désastres environnementaux et sociaux au niveau mondial. Les privilèges ainsi octroyés génèrent des pertes de rentrées fiscales considérables qui empêchent le financement d’un «plan climat» digne de ce nom.

Combinées à cette politique de cadeaux fiscaux aux plus fortunés, les taxes sur le CO2 vont ainsi à l’encontre du principe de justice climatique que demandent les jeunes en grève pour le climat. Ce principe impliquerait de faire payer la crise écologique à celles et ceux qui en sont les principaux responsables. En Suisse, ce sont ces multinationales ainsi que les institutions financières qui, à elles seules, polluent trente-deux fois plus par leurs activités que la population et les industries locales réunies.

Une fiscalité réellement écologique suppose d’aller à contresens de ces politiques antisociales, d’une part en mettant sur pied un impôt écologique et progressif sur les entreprises les plus néfastes pour l’environnement et, d’autre part, en leur interdisant d’investir dans toute activité économique ravageant les écosystèmes. Les ressources supplémentaires ainsi dégagées permettraient d’alimenter un Fonds climat à même de financer une transition écologique juste et solidaire.

Un changement de système est nécessaire. À l’heure où l’urgence écologique n’a jamais été aussi grande, il est temps de faire rimer justice climatique avec justice fiscale: toute mesure environnementale doit contribuer à réduire les inégalités sociales et conduire à une meilleure répartition des richesses.

Il faut faire porter le coût de la transition écologique aux grandes entreprises destructrices de la planète, non pas aux salarié·e·s et aux retraité·e·s.

24 heures

Pierre Conscience, candidat d’Ensemble à Gauche au Conseil national.
Pierre Conscience, candidat d’Ensemble à Gauche au Conseil national.