2015-03-28 08:38

L’habitat minimal: loger des étudiants vite et bien

Exposition

L’ALJF et des collectifs de jeunes architectes s’associent pour inventer des chambres d’urgence nomades.

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  • Cindy Mendicino

Ils sont près de 300, les étudiants lausannois qui n’ont pas de toit. L’Association pour le logement des jeunes en formation (ALJF) existe pour eux. Mais n’a pas le don de faire pousser les maisons. Par le biais de contrats de confiance passés avec des propriétaires qui ont des locaux vides en attente d’une mutation, l’ALJF loge en ce moment 200 personnes. Mais les espaces manquent. «Pourtant, du vide, il y a en a», lâche Christoph Holz, membre du comité.

C’est le cas par exemple chez un ancien concessionnaire auto de la rue du Mont, toute proche de la gare de Renens. Là, l’ALJF a décidé de tenter une expérience: pousser à inventer un «habitat minimal». Comprendre un logement simple, démontable, transportable qui servirait de chambre à un étudiant trois ou quatre mois, le temps de trouver son appartement.

L’association, dont le comité est composé notamment d’architectes, a décidé de faire appel à la créativité de six collectifs d’architectes. Une façon de puiser des solutions inédites, de faire travailler de jeunes professionnels et de s’affranchir de «la dépendance aux gérances pour les étudiants et aux clients pour les architectes, explique Gabriel Gonzalez, ancien président de l’ALJF, membre du groupe de travail habitat minimal, mais aussi professeur à l’Ecole Athenaeum, à Renens. Nous sommes motivés et nous avons des compétences: on veut faire des choses!»

Des «choses», il y en a six exemples dans l’espace Les Garages. Consigne: pas plus de 7 m2 et un coût inférieur à 1000 francs. Les 5500 francs de l’exposition ont été déboursés par l’ALJF. Six chambres démontables et autant de visions et de solutions pour offrir un toit temporaire dans un espace restreint sont présentés.

Variété de matériaux

Les matériaux varient: le bois est certes très présent, mais le feutre, ou encore le verre pilé entouré de cire font aussi office de murs.

Jeanne Wéry et Christoph Holz, duo qui compose le WhOOD Studio, à Lausanne, propose un style «de grand-mère», plaisante Jeanne Wéry. «Nous nous sommes demandé ce dont a besoin une chambre: une fenêtre, une penderie, un lit et un bureau.» Le tout y figure, organisé autour du lit, dès lors à l’abri des regards.

Puppe Russe, le cube d’inspiration japonaise proposé par Gabriel Gonzalez, donne une impression de vide et d’espace, avec un lit en hauteur. Mais peu d’ouverture sur l’extérieur.

Le Module Feutre, réalisé par des étudiants de la Haute Ecole d’art et de design de Genève (HEAD), s’organise, lui, comme un camp, autour d’un foyer où l’on peut se rassembler autour du feu. «Il y a de très bonnes idées, des choses dont nous pourrons nous inspirer», observe Gabriel Gonzalez.

L’espace est occupé par l’ALJF jusqu’en mars de l’année prochaine. «Nous allons proposer des choses différentes, tout ça va évoluer.»

Les Garages, rue du Mont 2, à Renens. Exposition à voir jusqu’au 4 juin. Portes ouvertes les 1er et 24 avril et le 22 mai (17 h à 21 h). Conférence le 16 avril au Bourg, à 18 h. www.lesgarages.net

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