2020-03-23 18:06

Courses en France interdites... sauf pour les Gingolais

Coronavirus

La maire de Saint-Gingolph a obtenu que les habitants suisses puissent faire quelques emplettes de l'autre côté de la frontière.

Le centre-ville de Saint-Gingolph.

Le centre-ville de Saint-Gingolph.

(Photo: ARNOLD BURGHERR)

  • Christophe Boillat

Encore une fois, l'amitié qui lie les deux villages de Saint-Gingolph France et Suisse fait l'exception. Une belle exception en ces temps obscurcis par le Covid-19. Maire tout juste réélue, Géraldine Pflieger a obtenu ce lundi de haute lutte que les Gingolais suisses (environ 1000 Valaisans) puissent, muni d'un justificatif de résidence, passer la frontière pour faire quelques courses dans la partie française. Magasin d'alimentation, pharmacie, kiosque, boulangerie-pâtisserie y sont ouverts. C'est le préfet de Haute-Savoie qui a donné le laissez-passer.

Pourtant, toujours ce lundi, Denis Froidevaux, chef de l'Etat major cantonal de conduite vaudois, informait devant la presse que le tourisme d'achat en France était interdit. Et que chaque Suisse qui se faisait prendre la main dans le sac par la gendarmerie française ou la Police des airs et des frontières devrait s'acquitter d'une amende... salée: 135 euros.

«Rester uni»

«Nous avons obtenu ce statut spécifique pour que Saint-Gingolph reste uni et surtout parce que nous souhaitons que les habitants des deux Saint-Gingolph ne fassent pas des kilomètres pour acheter leurs produits de première nécessité et des médicaments», déclare Géraldine Pflieger.

Fructueuses, les discussions se sont déroulées avec la préfecture de Haute-Savoie, le consulat de France à Genève et l'aide inestimable du sénateur du département Cyril Pellevat. «J'ai rappelé aux autorités que dès aujourd'hui (ndlr: ce lundi), des Français atteints du virus sont soignés dans les hôpitaux à Bâle et qu'un jour aussi nous aurions peut-être besoin de l'aide de la Suisse dans notre région, que nous devions nous tendre le main dans notre village binational et que de toute façon, ce n'était pour se faire dévaliser nos commerces mais pour pouvoir se fournir localement», précise la maire gingolaise.

Dès l'annonce publiée sur la page Facebook de Géraldine Pflieger, de nombreuses personnes ont salué cette décision.

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