ABO+2018-03-03 08:21

Une centaine d'Africains survivent en communauté à Lausanne

Précarité

Dans un immeuble squatté à la Blécherette, un collectif de migrants vit l’exil européen entre solidarité, précarité et espoir. Reportage.

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  • Chloé Banerjee-Din

Au beau milieu d’un quartier résidentiel de Lausanne, l’immeuble passe presque inaperçu. Les stores sont baissés et une vieille banderole pend au coin d’une fenêtre. Située à quelques encablures de la Blécherette, l’adresse paraît délaissée. C’est pourtant loin d’être le cas. Depuis plusieurs mois déjà, une petite communauté s’y est installée. Ils sont une centaine, tous venus d’Afrique de l’Ouest pour vivre leur rêve européen. À Lausanne, ils se sont trouvé à la fois un toit et un réseau de solidarité. «Dans le trois-pièces où je suis, nous pouvons être jusqu’à 13 à cohabiter. Cela dépend des moments.» Franck* pousse la porte d’un des appartements du deuxième étage. Dans le hall aux murs jaunis, un colocataire lui lance un salut, assis sur le coin de son lit. Son espace de vie, il le partage avec une petite épicerie bien ordonnée: des bouteilles de soda par dizaines et des conserves alignées sur les étagères. À tous les étages, des rythmes africains s’échappent de derrière les portes. C’est le début de l’après-midi. D’un appartement à l’autre, des groupes de jeunes hommes laissent couler le temps, rassemblés dans les chambres ou les salles de séjour. Ils sont originaires de Gambie, du Nigeria, ou encore du Mali. Tous sont membres du Collectif Jean Dutoit, qui rassemble les migrants locataires du squat ainsi qu’une poignée de personnes de la région, qui les soutiennent et militent en faveur de leur cause.

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