2019-09-20 09:26

Pile dans la cible, les Verts osent rêver du grand soir

Prochain arrêt: Berne (3/7)

En phase avec une actualité favorable à la cause des femmes et à celle de l’environnement, les écolos comptent bien progresser.

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(Photo: Bénédicte)

  • Lise Bourgeois

2019 sera-t-elle l’année du retour au succès pour les Verts vaudois? 2011 et 2015 les avaient successivement privés d’un siège, les laissant avec les deux seuls fauteuils d’Adèle Thorens et de Daniel Brélaz au Conseil national. Mais les temps changent et, aujourd’hui, les deux antiennes de la cause des femmes et du climat mettent les écologistes en plein dans la cible électorale.

Daniel Brélaz, dont la candidature a fait grincer des dents au moment du congrès d’investiture, n’en reste pas moins le mathématicien de l’étape. Il jauge qu’un troisième siège est tout à fait pensable, pour ne pas dire plus: «S’il y avait eu un 19e siège en 2015, il serait revenu aux Verts», assure-t-il. Le patriarche rêve même d’un quatrième fauteuil pour sa formation, qui serait envisageable en cas de «poussée» comparable à celle qui s’est produite en Suisse alémanique ce printemps.

Hormis le 19e siège dont le canton de Vaud hérite dès cette année à cause de l’accroissement de sa population, deux autres positions seraient prenables selon plusieurs observateurs et plusieurs candidats: le fauteuil PDC, dont l’actuel occupant, Claude Béglé, a été pris cet été au cœur d’une tourmente médiatique et le siège que quitte l’UDC Alice Glauser. Il avait été obtenu de justesse en 2015.

Chez les Verts, on n’a pas peur de se monter ambitieux. Lors du congrès d’investiture où il a été reproché à Daniel Brélaz de ne pas laisser la priorité aux jeunes, les positions sur la liste ont été âprement discutées («24 heures» des 27 février et 29 mars). Aujourd’hui, les premiers de liste mènent leur campagne tambour battant, très visibles sur les réseaux sociaux en particulier.

Au coude-à-coude

La députée féministe Léonore Porchet, la secrétaire générale de la FRC, Sophie Michaud Gigon, le député Raphaël Mahaim et le président du parti, Alberto Mocchi, sont au coude-à-coude. Au jeu des pronostics, un adversaire de campagne se risque à imaginer que l’une des deux femmes sera élue en cas de gain d’un troisième siège. L’atout femme a tout son poids chez les écologistes. «Léonore Porchet est considérée comme favorite dans le milieu politique, témoigne-t-il. Mais il ne faut pas sous-estimer l’assise associative de Sophie Michaud Gigon.»

La vague verte et féminine suffira-t-elle à faire voguer les Verts? Ces derniers n’ont pas l’exclusivité du discours climatique et encore moins celui de la défense des femmes. Les Vert’libéraux restent toujours en embuscade, même si leur alliance avec le minuscule Parti pirate les rend peu menaçants. Mais parmi les alliés socialistes, certains candidats marchent carrément sur leurs plates-bandes. Le chef de groupe au Conseil national, Roger Nordmann, fait campagne avec son livre «Le plan solaire et climat».

Vu de loin, le raisonnement de Daniel Brélaz sur l’obtention du 19e siège est pourtant considéré comme plausible, même au PLR. Le sortant Olivier Feller, l’admet: «Il y a un élément mathématique (ndlr: les résultats de 2015), combiné à une circonstance politique [le climat].»

Reste un point, peut-être un peu plus délicat: l’électorat écolo vaudois continuera-t-il de miser sur Daniel Brélaz, bousculé à l’interne? Sa notoriété devrait compenser ce handicap. Le géant vert promet en outre de se retirer à mi-mandat. Le premier ou la première vient-ensuite peut déjà se préparer.

Enfin, la campagne des Verts sert de plate-forme à la récolte de signatures pour une initiative cantonale constitutionnelle proclimat. Le parti avance à grands pas. L’électorat le suivra-t-il?

24 heures