2018-10-30 19:38

Les deux municipaux pas suspendus, «pour l’heure»

Vevey

La Municipalité dit ne pas disposer d’éléments «suffisants» pour faire suspendre Michel Agnant et Jérôme Christen

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  • Stéphanie Arboit

Ni oui ni non. Mais seulement pour l’instant. Voici en substance la réponse de la Municipalité de Vevey au postulat interpartis (UDC, PLR et PS) demandant la suspension des municipaux Michel Agnant et Jérôme Christen (Vevey Libre). Tous deux sont sous le coup d’une enquête pénale, suspectés de violation du secret de fonction. «La Municipalité a pris en considération ce postulat mais n’a pas pris de décision ce lundi (ndlr: jour des séances hebdomadaires de l’Exécutif), car elle ne dispose pour l’instant pas d’éléments suffisants, explique la syndique Elina Leimgruber. Elle a dénoncé auprès du Ministère public des faits susceptibles de constituer d’éventuelles violations du secret de fonction. À ce stade, la Municipalité n’a pas connaissance des faits reprochés aux MM. Agnant et Christen.»

La syndique insiste: «Je rappelle que la présomption d’innocence prévaut. Nous traiterons cette demande de suspension de la même façon que celle qui concernait Lionel Girardin: avec prudence.» Ce municipal PS, sous le coup d’une enquête pénale car soupçonné de gestion déloyale d’intérêts publics, a été suspendu de ses fonctions par le Conseil d’État en juin. C’est la Municipalité qui en avait fait la demande au gouvernement cantonal: la loi prévoit que l’Exécutif ou les deux tiers du Conseil communal peuvent en appeler au Conseil d’État pour suspendre un élu. Cette majorité des deux tiers n’ayant pas été atteinte pour le vote sur la suspension de Lionel Girardin, le Conseil communal a tenté la voie du postulat pour la suspension de Michel Agnant et de Jérôme Christen.

Le «ni oui ni non» de la Municipalité répond-il au postulat? Sans se prononcer sur le cas en question, Jean-Luc Schwaar, chef du Service juridique et législatif du Canton, rappelle le cadre général: «Le postulat n’étant pas contraignant, il offre une flexibilité également dans la réponse qui lui est apportée et qui peut donc parfaitement être partielle. Ensuite, charge au Conseil communal d’accepter ou de refuser cette réponse, s’il l’estime satisfaisante ou non. S’il la rejette, la Municipalité devra rédiger un nouveau rapport.» Le postulat demande aussi d’encadrer l’information et la communication au sein des divers organes de la Ville, au vu des nombreuses fuites de documents internes. Elina Leimgruber: «Le dernier règlement de la Municipalité avait été abrogé car trop obsolète. Nous allons très certainement en élaborer un nouveau, qui intègre la question de la communication sur les réseaux sociaux. Mais cela va nous prendre du temps.»

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