2020-01-24 19:07

Villars fait le plein grâce au sport-handicap

Sports d'hiver

Jusqu'à dimanche, les Jeux nationaux d'hiver spéciaux réunissent 615 sportifs en situation de handicap mental. Et font le beurre des hébergeurs.

Adapter une compétition olympique aux situations de handicap n'est pas évident. Reportage

  • David Genillard

Le creux de janvier? À Villars, on ne connaît pas, cette année. «On n’a pas eu une minute pour souffler depuis Noël, témoigne Leandro Ines, à la réception de l’Hôtel Écureuil. Ce mois de janvier, on augmente notre chiffre de 181,17% par rapport à l’an dernier.» Depuis mercredi soir, le trois-étoiles affiche complet, et ce jusqu’à dimanche. Durant tout le week-end, la station accueille les National Winter Games, organisés par Special Olympics. 615 athlètes y sont inscrits. Leur particularité? Tous se trouvent en situation de handicap mental. Ils se mesurent en ski alpin, snowboard, raquette à neige, ski de fond et unihockey.


Voir aussi:Comment adapte-t-on une compétition olympique aux situations de handicap?


Loger tout ce petit monde a été une gageure, raconte Irene Nanculaf, porte-parole de Special Olympics. Car l’accompagnement des athlètes est conséquent. «On compte un coach pour quatre sportifs, voire pour deux sportifs, en plus du personnel spécialisé.» Au total, ce sont ainsi 1400 personnes qui se sont installées pour le week-end dans la région. «Tous les hôtels et les appartements sont pleins, se réjouit Sergei Aschwanden, directeur de la destination touristique. Au total, ces jeux génèrent 6000 nuitées dans la région.»

L’organisation de l’événement dans la foulée des épreuves de ski-cross et de ski-alpinisme des Jeux olympiques de la jeunesse n’est pas due au hasard, explique l’ancien judoka. «Le but était de profiter des infrastructures déjà en place à Bretaye, comme la tente et le matériel nécessaire pour les courses.» Une partie des 300 bénévoles engagés pour les JOJ a également rempilé ce week-end. Plus lourd, l’encadrement des jeux spéciaux nécessite la mobilisation de 650 volontaires.

«A l’opposé des JOJ»

«Les National Winter Games sont à l’opposé des JOJ, décrit Sergei Aschwanden. Ils restent très modestes en termes de visibilité, mais génèrent de grosses retombées directes.» À Villars, Lausanne 2020 n’aura amené que «quelques centaines de nuitées et relativement peu de chiffre pour les commerces du village. En revanche, beaucoup de séminaires que nous accueillons habituellement en janvier ont été annulés, parce que leurs organisateurs craignaient que les hôtels soient bondés. Au final, on se retrouve avec un taux de remplissage normal pour un mois de janvier.»

À l’Eurotel Victoria, Dominique Dietrich confirme. «Il y a eu trop de préréservations, finalement annulées. Et certains touristes ont pris peur et renoncé à venir les week-ends des Jeux. Mais il y a tout de même de belles retombées en termes d’images.» Le patron du quatre-étoiles affiche en revanche complet pour les prochains jours. «C’est une belle expérience. On peut apporter beaucoup à ces athlètes et eux peuvent nous apporter autant.» Directeur de l’Hôtel Écureuil, Franz Gilliéron estime aussi que les JOJ ont rapporté moins que prévu. «Mais on a eu un bel été, on a très bien travaillé à Noël, Lausanne 2020 a amené une belle image. Et on enchaîne avec ces jeux spéciaux. Tout cela nous permettra d’investir.»

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