2018-04-24 20:55

Encadrement ou expulsion, les députés s’interrogent sur les jeunes migrants

Grand Conseil

Le Conseil d’Etat est attendu sur les conditions de vie des mineurs non-accompagnés dans les foyers de l’EVAM.

Fabien Deillon(UDC)et Nicolas Rochat Fernandez(PS) en discussion en marge de la séance du Grand Conseil, mardi.

Fabien Deillon(UDC)et Nicolas Rochat Fernandez(PS) en discussion en marge de la séance du Grand Conseil, mardi.

(Photo: Jean-Bernard Sieber)

  • Mathieu Signorell

Ce sont environ 120 mineurs non accompagnés (MNA) qui résident en ce moment dans les foyers de l’Établissement vaudois pour l’accueil des migrants (EVAM). Mais les éducateurs qui les encadrent ont-ils suffisamment de temps et de moyens pour s’occuper de ces jeunes requérants d’asile sans famille? Et pourrait-on les expulser de Suisse en cas de problème dans un foyer?

Ces deux questions, la première venue de la gauche et la seconde de l’UDC, résument les interrogations soulevées ce mardi au Grand Conseil à propos du quotidien vaudois des MNA. Les députés se sont interrogés en réaction à la grève des éducateurs de l’EVAM (lire ci-dessous). Ceux-ci demandent que l’encadrement des mineurs non accompagnés au sein de l’EVAM soit identique à celui des jeunes «de chez nous» pris en charge par le Service de protection de la jeunesse (SPJ).

Le Conseil d’État devra se positionner mardi prochain devant les députés. Ces derniers discuteront d’une résolution proposée par SolidaritéS et le Parti socialiste. Ils demandent que le Canton offre des conditions «égales pour tous les enfants en foyer, quel que soit leur statut, leur origine ou leur histoire». Le texte parle d’une «distinction discriminatoire».

«Face à une population plus que vulnérable arrivant en Suisse à un âge pivot, une bonne intégration est nécessaire. Il faut que cette population bénéficie d’un encadrement suffisant et de mesures sociopédagogiques», commente ainsi le socialiste Nicolas Rochat Fernandez, l’un des auteurs de la résolution.

Passes d’armes

Mais les députés ont déjà tenté quelques passes d’armes à propos des MNA, mardi, au moment d’octroyer une garantie d’emprunt de 22 millions de francs pour différents projets immobiliers de l’EVAM. «On parle d’enfants de 14 à 18 ans, qui ont besoin de se défouler, qui n’ont que 2 T-shirts par semaine», s’est émue l’écologiste Léonore Porchet. «Ce n’est pas une question de confort, mais de dignité.»

Pour Philippe Leuba, la comparaison entre les MNA et les enfants du SPJ n’est pas possible, en raison de la «typicité» et de «typologie» de chaque public. «Le SPJ a confirmé que la comparaison entre les foyers ne peut pas être faite», explique-t-il. Disant «louer le travail» des éducateurs, il note que le nombre de MNA a baissé de 270 à environ 125, d’où une modification de l’encadrement.

Si l’UDC s’interroge aussi sur les MNA, la droite dure prend le problème sous un autre angle. Ainsi le député Fabien Deillon a déposé une interpellation en réaction à l’histoire d’Adam parue en mars dans «24 heures». Cet enfant a fui d’un foyer de l’EVAM après une tentative de suicide et des conflits avec d’autres enfants. «Un MNA peut-il commettre n’importe quel excès ou désobéissance quasi en toute impunité, sans risquer l’expulsion?» interroge l’élu UDC. Craignant que le Canton ne donne envie à des jeunes de quitter leurs parents, il estime que «les MNA jouissent d’une certaine sympathie, en fonction de leurs inévitables tribulations durant leur voyage». Le Conseil d’État devrait lui répondre d’ici trois mois.

24 heures

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