2018-05-11 21:41

Isabelle Moret gagnerait plus qu’annoncé

Politique

Des trois candidats au Conseil fédéral l’été passé, la conseillère nationale PLR était celle qui gagnait le plus d’argent, révèle «Le Temps» vendredi. Elle prétendait l’inverse.

Isabelle Moret promet de clarifier sa situation fiscale et financière quand sa taxation 2016 sera connue.

Isabelle Moret promet de clarifier sa situation fiscale et financière quand sa taxation 2016 sera connue.

(Photo: Sébastien Anex-A)

  • Vincent Maendly

À la situation fiscale floue d’Isabelle Moret dévoilée par le «Tages-Anzeiger» s’ajouterait désormais un nouveau caillou. «Le Temps» révèle vendredi qu’elle aurait menti par omission en divulguant son revenu, dont elle prétendait publiquement qu’il était inférieur à celui de ses deux rivaux dans la course au Conseil fédéral, Pierre Maudet et Ignazio Cassis. En instance de divorce, l’élue PLR n’a pas précisé qu’elle touchait depuis 2015 une pension alimentaire d’environ 100 000 francs par an, figurant dans un arrêt du Tribunal fédéral à la fin de l’an passé. Additionnée au chiffre d’affaires de 310 000 francs de son activité d’avocate-conseil et de divers mandats, cela faisait d’elle la candidate qui touchait le plus d’argent des trois.

Isabelle Moret se refuse à tout commentaire, la procédure de divorce étant pendante, de même que la procédure fiscale. Proche de la conseillère nationale, Christian Lüscher, vice-président du PLR, estime que «Le Temps» confond chiffre d’affaires et revenu. Je considère que la publication de cet article est une violation de la sphère privée de ses enfants. Il n’y a aucun intérêt public prépondérant à révéler le contenu de cet arrêt. Pendant la campagne pour le Conseil fédéral, Isabelle Moret ne s’est d’ailleurs jamais exprimée sur cette pension.» Pour rappel, celle-ci n’a pas reçu d’avis de taxation définitif depuis 2009, du fait de sa situation professionnelle et matrimoniale compliquée. L’élue estimerait que seule la moitié de son chiffre d’affaires est imposable. Elle fait valoir des déductions fiscales – sur les salaires de ses assistants parlementaires notamment – qui prennent du temps à être traitées. Isabelle Moret aurait ainsi mis treize mois à répondre à une demande de l’Administration cantonale des impôts (ACI), laquelle, insatisfaite, aurait envoyé une relance onze mois plus tard.

Elle promet de donner des informations détaillées sur sa situation financière et fiscale lorsque sa taxation 2016 sera connue, ce qui pourrait intervenir avant l’été. Son cas est désormais traité par le directeur de la division Taxation de l’ACI, Pierre Dériaz.

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