2015-12-26 08:10

Pour renaître, la Braye se rêve «Edelweiss Paradise»

Château-d'Oex

Les remontées mécaniques se créent une identité pour capter les voyageurs du futur Transgoldenpass. Il en va de leur survie.

Pour sauver les installations, Télé Château-d’Oex veut développer une offre quatre saisons à la Braye.

Pour sauver les installations, Télé Château-d’Oex veut développer une offre quatre saisons à la Braye.

(Photo: Chantal Dervey - A)

  • Flavienne Wahli Di Matteo

Neuf mois après le couperet d’Alpes vaudoises 2020 bannissant le ski de la station, Château-d’Œx a accouché d’un rêve. Lundi soir, un parterre de près de 300 habitants conviés à une séance d’information a découvert comment, d’un coup de communication magique, il est possible de passer du découragement à l’espoir. Mandatée par Télé Château-d’Œx pour proposer un concept quatre-saisons sur le site de la Braye, l’agence de design et communication Meo, basée notamment à Rossinière, a sorti de son chapeau l’idée qui pourrait redonner un avenir aux installations condamnées.

Tout repose sur la création d’une identité compréhensible dans le monde entier: «A l’international, si nous parlons de la Braye dans le village de Château-d’Œx, au cœur du Pays-d’Enhaut, cela n’évoque rien à personne, a imagé le patron de Meo, Louis Paschoud. En revanche, si on présente «Edelweiss Paradise» au cœur de la «GoldenPass Valley», tout de suite cela va évoquer des images aux gens. L’edelweiss véhicule exactement l’idée de la moyenne montagne.»

«L’edelweiss véhicule exactement l’idée de la moyenne montagne.»

Déclinant cette identité, les créatifs ont imaginé une offre susceptible d’attirer une partie des 2 millions de voyageurs attendus sur la ligne du Transgoldenpass, qui reliera Montreux à Interlaken dès 2018. Leur halte à Château-d’Œx pourrait doper la fréquentation de la Braye et de son téléphérique «So Swiss!» dont la station de départ se trouve à seulement deux minutes de la gare.

Objectif: dépasser les 25 000 visiteurs hivernaux enregistrés actuellement et propulser l’été au même niveau. «Ce ratio est réaliste, assure Louis Paschoud. On cherche 30 000 personnes, soit seulement 1,5% des passagers qui prendront le TransGoldenPass.» Reste à faire descendre du train cette clientèle d’excursionnistes. Pour ce faire, le sommet de la Braye se transformerait en espace d’«expériences» de la montagne en toutes saisons.

Des clichés modernes

Axées sur les clichés helvétiques, les attractions proposées sont revisitées à la sauce actuelle sous le slogan «Le sommet du divertissement». Un jardin alpestre composé de carrés fleuris très graphiques, un restaurant d’altitude de qualité, un Heidi’s Café, une terrasse panoramique, une petite ferme, des jeux, une boutique Edelweiss, un train touristique mû par un tracteur ou encore une plate-forme à selfies pour se tirer le portrait aux côtés de célébrités suisses en carton-pâte.

Sur le volet hivernal, le gros changement résiderait dans la création d’un parc ludique d’apprentissage du ski, projet déjà soutenu par le Canton dans le cadre des crédits Alpes vaudoises 2020.

Nouvel appui du Canton

Une plaquette de présentation déjà éditée a été distribuée lundi soir afin de diffuser les ambitions de Télé Château-d’Œx. Car, pour que le rêve devienne réalité, le plus dur reste à faire: motiver la population et fédérer les trois communes du Pays-d’Enhaut. Il en va du financement du projet, qui dépendra pour une large part de l’aide de particuliers et des collectivités. L’appui du Canton devra être à nouveau sollicité pour atteindre les 10 millions nécessaires à ces réalisations (dont les 3 millions déjà prévus pour l’apprentissage de la glisse).

Le Pays-d’Enhaut peut-il encore y croire, après l’échec des Monts-Chevreuils dans le cadre d’Alpes vaudoises 2020? «Le Conseil d’Etat n’a pas totalement fermé la porte en mars dernier, a rappelé le préfet, Roland Berdoz. Le gouvernement a privilégié les dossiers les moins exposés du point de vue climatique et viables économiquement. Les merveilleuses idées avancées ce soir vont dans le bon sens, et si le bel élan que je vois dans cette salle se confirme, il sera temps de présenter quelque chose au Canton.»

«Ce qui a l’air de se faire ici va dans la bonne direction, a félicité le conseiller national et président des remontées mécaniques suisses Dominique de Buman, invité à la présentation. Ce projet prend en considération les critères actuels permettant à une remontée mécanique d’être viable: changement de climat et de clientèle, économicité, innovation, tout est réuni pour aller vers une dynamique nouvelle.»

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