2018-06-13 17:11

Le soutien du PLR aux crèches se résume à trois élus

Politique familiale

Parmi les Latins, Isabelle Moret et Laurent Wehrli sont les seuls à soutenir la poursuite de l’aide fédérale.

Isabelle Moret a voté en faveur de la prolongation du programme d'impulsion de la Confédération pour la création de place de crèches.

Isabelle Moret a voté en faveur de la prolongation du programme d'impulsion de la Confédération pour la création de place de crèches.

(Photo: Keystone)

  • Florent Quiquerez

Il fallait 101 voix, il y en a eu 104. La prolongation du programme d’impulsion de la Confédération à la création de places de crèche a eu chaud au National. Pour faire passer cette enveloppe de 130 millions sur quatre ans, le centre et la gauche avaient besoin de soutiens. Ils ont reçu les deux voix de la Lega et celle de l’unique représentant du MCG, Roger Golay (GE). Le PLR, lui, a manqué à l’appel. Seuls Isabelle Moret (VD), Laurent Wehrli (VD) et Christoph Eymann (BS) ont voté oui.

«Je suis pour une politique familiale qui repose sur trois piliers, explique Isabelle Moret. La création de places de crèche, une déduction fiscale de 25 000 francs pour les frais de garde et un congé paternité de deux semaines. Ce dernier point sera difficile à faire passer au parlement. Et peut-être pas dans les quatre ans qui viennent, c’est pourquoi j’ai accepté pour l’instant de prolonger cette aide de la Confédération.» Ce qui surprend toutefois, c’est que les PLR romands avaient jusqu’ici l’habitude de soutenir en bloc ces programmes. La sensibilité pour ce thème se résume-t-elle désormais à trois élus dans le parti? «Je ne pense pas qu’on puisse dire cela, répond Isabelle Moret. Certains élus romands se sont abstenus.» Il s’agit en effet de Jacques Bourgeois (FR), Frédéric Borloz (VD) et Fathi Derder (VD).

Pris entre deux feux Le PLR était surtout pris entre deux feux. Mardi passé, le groupe libéral-radical avait en effet négocié un projet qui contenait un congé parental de 16 semaines, une déduction des frais de garde de 25 000 francs, mais aussi la fin du programme d’aide à la création de crèches. C’est pour ne pas déficeler ce paquet trop tôt que le reste de la députation romande n’a pas hésité à voter non. Isabelle Moret n’estime pas être en porte-à-faux avec son parti. «En votation, le peuple s’est opposé à un financement des crèches par la Confédération. Nous savons que ce programme prendra fin, mais le plus tard serait le mieux.» En soutenant cette prolongation, elle estime garder une marge de manœuvre vis-à-vis de la gauche. «Ce sera utile lorsqu’il faudra trouver un contre-projet à l’initiative qui demande quatre semaines de congé paternité.»

Le congé parental de son parti lui semble-t-il être la bonne solution? «Je ne peux pas le soutenir tel qu’il est formulé actuellement, car il pourrait se faire au détriment des femmes. Par contre un tel congé qui assure 14 semaines à la mère, et un partage de deux semaines supplémentaires entre les parents, serait une option.»

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