2019-09-23 12:00

Les socialistes ont bien assez de locomotives

Prochain arrêt: Berne (4/7)

Premiers au gouvernement vaudois, les socialistes espèrent au moins conserver leurs sièges à Berne.

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(Photo: Bénédicte)

  • Jérôme Cachin

Quand la conseillère aux États Géraldine Savary a renoncé brutalement, fin 2018, à briguer un nouveau mandat, le Parti socialiste vaudois a tremblé. Il venait de perdre celle qui était sa locomotive électorale depuis 2007. Mais trois autres figures du socialisme à la vaudoise – Maillard, Marra et Nordmann – peuvent reprendre ce rôle. Le Parti se rassure, il n’est pas démuni de locomotives.

Même si le dernier baromètre électoral SSR/Sotomo indique un recul de 2 points des socialistes romands, les camarades vaudois ne se font pas trop de bile pour reconduire leurs cinq sièges au National. Pour se motiver, ils se fixent l’ambition de retrouver le sixième acquis de justesse en 2011 et perdu en 2015. Car cette fois, le gâteau est un peu plus grand, puisque le nombre de sièges vaudois passe de 18 à 19, en raison de la démographie. Pourtant, ce 19e siège pourrait tomber dans l’escarcelle des alliés Verts, auxquels le baromètre prédit +3,8 points en Suisse romande. Les socialistes vaudois oscilleraient alors entre consolation et crainte de voir leur partenaire devenir encombrant. Le score de la Verte Adèle Thorens, colistière d’Ada Marra pour les États, est très attendu.

Tourner la page Savary

Avec toutes ses locomotives, le PSV peut au moins faire oublier les tumultes de l’affaire Savary. La sénatrice s’est retirée en admettant un financement de campagne excessif de la part du milliardaire Frederik Paulsen. Qu’à cela ne tienne. Primo, il y a Pierre-Yves Maillard. Le ministre vaudois a accédé à la présidence de l’Union syndicale suisse (USS), poste qui exige d’être élu à Berne. Voilà qui est raccord. Mais Maillard est candidat au National, pas aux États, même si ses seize ans de gouvernement cantonal lui auraient permis de gagner cette bataille. Secundo, Ada Marra, vice-présidente romande du PS Suisse. C’est en invoquant le manque de femmes au Conseil des États que Pierre-Yves Maillard la soutient et lui laisse la priorité. Tertio, Roger Nordmann, chef du groupe aux Chambres. Le congrès du parti ne l’a pas écrasé, en le classant à une poignée de voix seulement d’Ada Marra. Les deux étaient arrivés juste derrière Géraldine Savary lors des fédérales de 2015.

Parti dominant du gouvernement vaudois, le PSV y a remplacé facilement Pierre-Yves Maillard par Rebecca Ruiz, qui siégeait au Conseil national. Une fois que Maillard sera élu dans ce même Conseil national, l’échange des postes sera achevé. Avec Maillard propulsé à la tête de l’USS et l’élection très nette de Ruiz au gouvernement vaudois, la tendance semble bonne pour le PSV. «Nos atouts restent l’implantation cantonale et la capacité de mobilisation», résume François Cherix, politologue et membre du parti. En 2017, le PSV a déjà puisé dans le vivier fédéral pour garantir sa présence au château cantonal, en faisant remplacer Anne-Catherine Lyon par Cesla Amarelle. Jean Christophe Schwaab, lui, avait quitté Berne pour s’occuper de son fils souffrant.

Faiblesse des wagons

Le PS vaudois détient ainsi un record que les autres partis ne lui envient pas. Trois conseillers nationaux qui ont eu du poids sous la Coupole – Amarelle, Ruiz, Schwaab – sont partis en cours de législature. Trois autres de leurs camarades, classés viennent-ensuite en 2015, ont repris leurs sièges: Samuel Bendahan, Nicolas Rochat Fernandez et Brigitte Crottaz. Ils sont à nouveau candidats, sans avoir eu le temps de prendre la même épaisseur que leurs prédécesseurs. L’abondance de locomotives sert aussi à faire oublier la faiblesse des wagons.

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