2014-11-26 08:29

Les Suisses font aussi appel aux microcrédits

Services financiers

Surtout associé aux pays émergents, le boom de la microfinance remporte un certain succès auprès des Suisse.

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  • Olivier Wurlod

En Suisse, si la microfinance est certes considérée comme un placement alternatif et à haut risque, son potentiel de retour sur investissement particulièrement conséquent en séduit plus d’un.

Pour preuve, l’apparition ces dernières années de nombreuses sociétés spécialisées dans ce domaine, à l’exemple de Blueorchard et Symbiotics à Genève ou de ResponsAbility Social Investments à Zurich. Aujourd’hui, la Suisse peut même se targuer d’être devenue leader mondial dans cette classe d’investissements. Selon une récente étude réalisée par Symbiotics, 33% des 7,5 milliards de dollars d’actifs placés dans la microfinance mondiale sont en effet gérés depuis Genève et Zurich.

Et rien ne semble stopper le boom mondial de ces microcrédits. Depuis 2010, malgré la dernière crise économique, le portefeuille des investissements dans la microfinance a en effet explosé de 68%.

Soutien aux Suisses

Certes minime et moins connue du grand public, une petite partie de cette croissance est réalisée en Suisse. Entre Lausanne et Lucerne, où il a ses locaux, Microcrédit Solidaire Suisse (MSS) se charge notamment d’apporter son soutien à ceux qui n’ont pas pu avoir accès aux prêts commerciaux classiques fournis par les banques. «Notre modèle de fonctionnement ne se limite pas à un seul apport en capital, mais aussi à tout un processus d’accompagnement jusqu’au remboursement du prêt, explique sa directrice, Andréa Lehmann-Beytrison. Un procédé qui permet clairement de réduire le taux d’échec.»

Depuis sa fondation au début du XXIe siècle par Georges Aegler, l’institution qui octroie des prêts entre 5000 et 30 000 francs, a reçu quelque 1500 dossiers. En tout, ce sont plus de 250 projets qui ont reçu un soutien financier de la fondation reconnue d’utilité publique, dont près de la moitié sur les quatre dernières années. Comme dans les autres pays, la cadence s’accélère également en Suisse. A la fin septembre 2014, MSS avait déjà accordé 32 microcrédits, soit un nouveau record par rapport aux 31 projets acceptés une année auparavant, une période déjà jugée comme «intense», par sa présidente, Yvette Jaggi. L’ancienne syndique de Lausanne précisait d’ailleurs dans le rapport d’activités de MSS qu’un tel succès nécessitera de trouver de nouveaux financements. Dès 2015, la fondation sera reconnue et soutenue par le Secrétariat d’Etat à l’économie, organisme avec lequel elle travaille depuis 2003.

Moyenne élevée de prêts

Il faut dire qu’avec des prêts moyens tournant autour de 19 000 francs par dossier, la Suisse a le niveau de microcrédits le plus élevé au monde. S’il n’est certes pas judicieux de le comparer aux économies émergentes (dont la moyenne est d’environ 500 dollars), la différence avec la microfinance européenne et américaine apparaît plus intéressante et remet en lumière la cherté d’entreprendre propre à la Suisse. Les microcrédits américains tournent en effet autour des 7000 dollars, alors que ceux de nos voisins européens se montent à environ 9000 euros.

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