2019-03-29 19:27

Payerne Airport peut faire décoller ses passagers

Économie

Le nouveau terminal de l’Aéropôle a été mis en exploitation vendredi. Il réunit douane, hangars pour avions, salles de repos ou business center.

  • loading indicator

«Si New York a son JFK Airport, Payerne et le canton de Vaud ont désormais le Christelle Luisier Airport, et c’est beaucoup plus glamour.» C’est un Philippe Leuba taquin, mais heureux, qui a coupé le ruban du Payerne Airport, vendredi, au milieu d’un florilège de personnalités et devant 300 invités. L’aviation civile peut désormais compter sur de nouvelles infrastructures adaptées à son développement, dans la Broye. Ce bâtiment de 177 m de long et de 100 000 m3, construit par la société Speedwings, constitue la dernière pièce qui manquait au puzzle. Il propose 6557 m2 de hangars pour avions, des salons pour l’accueil des passagers, une douane, un business center avec bureaux, des salles de conférences et de réunions, des espaces pour les équipages, quatre salles de repos et un total de 3300 m2 de surfaces de bureaux. Au total, l’investissement s’élève à 32 millions de francs, dont 5 à la charge des collectivités publiques (Commune et Canton de Vaud).

Client japonais surpris

Spécialisée dans l’aviation d’affaires, la société Speedwings de l’homme d’affaires fribourgeois Damien Piller s’occupera du handling sur place, soit toutes les activités aéroportuaires. Six personnes sont engagées pour cela et l’entreprise espère rapidement arriver à 20 collaborateurs sur les lieux. Les opérations de vols de la société, qui possède huit avions et emploie 44 personnes dont 35 pilotes pour 5000 passagers transportés en 2018, resteront basées à l’aéroport de Genève.

«Cela va changer un peu les choses par rapport à l’époque», témoigne un client régulier de Speedwings à Payerne. L’accès aux avions sera nettement plus confortable: possibilité de garer sa voiture à l’abri, salles d’attente de standing avec vue sur le tarmac civil. Les lieux sont désormais équipés de toutes les infrastructures aéroportuaires, dont la douane et sa prison, si nécessaire. «Je me souviens d’arriver une fois ici avec un client japonais qui était impressionné de la simplicité suisse d’atterrir sur une base aérienne sans souci, puis d’aller chercher ses valises pour rentrer», poursuit l’utilisateur.

«Courant 2018, Speedwings a effectué 156 mouvements (décollages et atterrissages) depuis Payerne, sur les 346 civils au total», compte Guillaume Chassot, directeur de l’exploitation civile de Swiss Aeropole SA. Selon le règlement d’exploitation en vigueur depuis 2013, 8400 mouvements peuvent être organisés à Payerne. L’inauguration de l’aéroport devrait permettre de doper l’attractivité des lieux, mais avec 936 passagers dénombrés en 2018, la statistique montre déjà une hausse de 305% par rapport à 2016.

Trois autres sociétés

Outre Speedwings, les lieux devront servir d’incubateur de sociétés. L’entreprise milanaise Fimutens y implantera sa branche suisse dès la semaine prochaine. «Vertical Master, une société active dans le milieu de la certification de drones, et Q Jet, active dans la certification aéronautique, occuperont aussi des surfaces ces prochains jours», sourit Massimo Fiorin, directeur du parc technologique de Swiss Aeropole SA. Au total, une vingtaine de nouveaux postes de travail sont ainsi créés dans un premier temps. Le rôle du directeur opérationnel est aussi d’y organiser congrès ou manifestations. Et il se réjouit d’avoir déjà planifié une dizaine d’événements jusqu’en juin, sans compter des portes ouvertes en septembre. Ce sera l’occasion pour les Broyards de découvrir enfin l’aéroport civil attendu depuis des lustres.

Tous les orateurs de la journée se sont réjouis de la vision de l’ancien conseiller national payernois Pierre Savary, qui, en 1995, avait déposé un postulat, cosigné à l’époque par Joseph Deiss et Pascal Couchepin, pour une «ouverture à court terme de la mixité civile de l’aérodrome militaire».

«J’étais alors vice-président de la commission militaire et je mouillais ma chemise en faveur du F/A-18. C’était donc le bon moment pour arriver avec cette proposition dans l’idée d’en retirer quelque chose pour la région, dont le taux de chômage avoisinait alors les 10%», souriait vendredi l’ancien politicien.

24 heures