2019-09-17 20:05

La campagne controversée du PDC fait un bad buzz

Élections fédérales

Les démocrates-chrétiens suscitent la controverse avec une campagne qui critique les autres partis. La formation persiste et signe.

Gerhard Pfister, président du PDC Suisse.

Gerhard Pfister, président du PDC Suisse.

(Photo: KEYSTONE)

  • Caroline Zuercher

Vous cherchez sur Internet des informations sur le candidat X? Sur Google, vous risquez de tomber comme première occurrence sur un site d'annonce, avec un texte critiquant les positions du parti de X, dont les couleurs sont affichées. Suit un lien sur lequel cliquer pour avoir de «vraies solutions», exposées en bas de page. L'internaute découvre alors le pot aux roses, puisque le PDC, qui est derrière l’opération, y détaille ses positions.

Selon Michaël Girod, porte-parole du PDC, cette campagne a été réalisée pour tous les candidats aux élections fédérales des partis gouvernementaux, des Verts, du PBD et des Vert’libéraux. Un exemple? On annonce qu'un candidat représente les Verts qui «misent sur les interdictions et les réglementations; choisissent les sujets qui les intéressent et font passer la protection du climat et de l’environnement avant tout; croient en des solutions utopiques qui n’ont aucune chance de convaincre le peuple».

Ce détournement suscite de nombreuses critiques sur les réseaux sociaux, sous les hashtags CVPfail ou PDCfail. Sur Twitter, Raphaël Mahaim (Verts/VD) qualifie le moyen de «minable». Contacté, le PLR valaisan Philippe Nantermod juge l’opération «un peu ridicule». Quant à Roger Nordmann, chef du groupe PS aux Chambres (VD), il se refuse «à alimenter le caniveau par des commentaires».

Des PDC se joignent aux reproches. La section romande du PDC valaisan se désolidarise. Sur Facebook, la candidate au National Carole Furrer (VS) juge la campagne «lamentable». À l’instar du candidat vaudois Axel Marion, elle présente ses excuses aux personnes visées. Toujours sur Facebook, le député genevois Bertrand Buchs écrit: «Cette façon de faire, en attaquant des personnes, est indigne d’un parti qui prétend être le trait d’union. Pas étonnant que nous perdions des suffrages.»

Selon nos informations, il y a eu une discussion musclée au sein du groupe parlementaire PDC. «Alors que nous voulons nous présenter comme un parti qui bâtit des ponts, en nous alliant au PLR et aux Vert'libéraux notamment, nous prenons à revers nos partenaires avec cette méthode. Il n'est pas dans l'intérêt du parti de passer pour le roquet de la campagne», confie anonymement un élu à Berne.

Mardi en fin d'après-midi, la publicité a disparu d’Internet. Les démocrates-chrétiens ont-ils abandonné leur campagne à l'américaine? Pas du tout, indiquait son porte-parole. L’opération avait en fait atteint le nombre maximum de clics possibles pour la journée. Michaël Girod y voyait la preuve qu'elle a fonctionné. Le parti promettait que la publicité reprendrait le plus vite possible. En début de soirée, on retrouvait certaines fausses annonces de candidats.

Pour Michaël Girod, le PDC ne critique pas les positions des autres partis, mais les «présente et met en question». «Pour moi, il n’y a rien de dénigrant à dire qu’un candidat représente telles ou telles idées. Nous n’attaquons pas les personnes, mais les partis. Et nous mettons leurs positions en confrontation avec les nôtres.» Un détournement de site? «Nous ne détournons rien. Il est déclaré sur Google qu’il s’agit d’une annonce. On le voit aussi sur le site Internet, où apparaît le logo du PDC.»

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