2018-05-30 21:00

La manif contre le deal de rue réunit 300 Lausannois

Drogue

Ils étaient des centaines à occuper le terrain des trafiquants de drogue ce mercredi, à l’appel de Fernand Melgar notamment.

Sandra Pernet, à l’initiative de la manifestation contre le deal de rue, s’est réjouie de la mobilisation des Lausannois et a promis de continuer à occuper l’espace public.

  • Laurent Antonoff

«Approchez-vous. N’ayez pas peur. Il n’y a pas de dealers.» C’est par une boutade que Fernand Melgar a accueilli les Lausannois qui, ce mercredi à Chauderon, ont occupé le terrain pour ne plus le laisser aux dealers de rue, symboliquement. Près de 300 personnes, pour la plupart du quartier, sont venues dire leur ras-le-bol devant ce trafic qui «gangrène» la capitale vaudoise. La manifestation s’est terminée par un face-à-face tendu entre le réalisateur et un groupe de jeunes d’ultragauche l’accusant de fascisme pour ses récentes prises de position contre les dealers.

«Ce n’est qu’un début»

C’est à l’initiative de Sandra Pernet, présidente du PDC Lausanne, que le rassemblement s’est tenu au pied de la bibliothèque de Chauderon. «Ce n’est qu’un début. Nous irons ailleurs occuper le terrain, dans d’autres quartiers sensibles de Lausanne. Nos rues nous appartiennent. Le deal n’a rien à y faire», a confié l’élue communale. Dans la foule, il y avait des commerçants de Riponne-Tunnel venus apporter leur soutien à la cause. Il y avait aussi des riverains, comme Claudine et son mari qui vivent dans le quartier depuis seize ans. «Ce qui nous fait descendre dans la rue ce soir, c’est la défense de nos enfants. Des adultes qui achètent de la drogue, ce sont leurs affaires. Mais, quand cela commence à toucher des mineurs, c’est intolérable.» Gabor partage le souci de Claudine. La protection des enfants. Il travaille la nuit dans une discothèque de Lausanne. Il est DJ. Il est venu manifester avec ses amis. «Avant, les dealers se contentaient de bosser la nuit, mais désormais c’est toute la journée. Ça n’arrête pas. Ils abordent tout le monde, qu’importe leur âge.» Raphael ajoute: «La journée, ils proposent leur drogue aux ados. C’est devenu angoissant.»

Un face-à-face tendu

Fernand Melgar monte sur un banc. Il prend le micro. «Y a-t-il un municipal lausannois dans le public? Un syndic? Vous êtes là, Grégoire Junod? Non? Moi, cette absence me choque», lance-t-il sous les huées des manifestants. Son but: que les autorités lausannoises entendent la colère de la rue. «Je suis un têtu. On m’appelle la mule andalouse. Je vais lentement et je ne renonce jamais. Mais, rassurez-vous, je ne vais pas me lancer dans la politique», avoue le réalisateur.

Soudain galvanisé, Fernand Melgar s’en va provoquer le dialogue avec des jeunes de l’ultragauche, de noir vêtus, qui assistaient aux discours de loin et qu’il accuse de le menacer. «Vous n’avez pas honte? Vous êtes ridicule! Populiste! Facho! Vous répandez un racisme ordinaire. Et chapeau pour le coup de pub», lui lance une jeune fille qui lui reproche d’avoir «changé de bord». Prenant les médias à partie, le réalisateur déplore alors un dialogue impossible. Et Fernand Melgar de leur lancer un «je vous aime».

Hasard du calendrier ou réaction à la pression de ces derniers jours, les autorités ont annoncé ce même mercredi que de nouvelles mesures de lutte contre le deal de rue seraient bientôt prises. Et, signe que le dossier est délicat, le syndic Grégoire Junod ne sera pas seul à les dévoiler mardi prochain. Il sera épaulé par le municipal de la police Pierre-Antoine Hildbrand, le commandant Pierre-Alain Raemy et le major Stéphane Dumoulin, chef des opérations de terrain à la police municipale.

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