2016-09-29 18:50

La police va montrer les muscles à la Riponne

Drogue

Pierre-Antoine Hildbrand annonce «un renforcement important de la présence policière» dans le secteur.

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  • Emmanuel Borloz et Romaric Haddou

Le dispositif va être déployé dans les rues «ces prochains jours». Jeudi matin, Pierre-Antoine Hildbrand, municipal lausannois de la Sécurité, a averti ses collègues de l’Exécutif d’une action imminente. Il n’entrera pas dans le détail. «Ce que je peux dire sans nuire aux tâches de police, c’est annoncer un renforcement important de la présence policière entre les quartiers de la Riponne et du Tunnel. Nous ne voulons pas donner l’impression aux gens qu’on ne fait rien. Nous avons entendu les craintes de la population, nous y répondons. J’ai vu le dispositif, il est conséquent.»

Depuis des mois, que ce soit aux fenêtres des immeubles ou dans la rue, il ne se passe pas une semaine sans que les habitants et les commerçants du secteur ne manifestent leur ras-le-bol face à la scène ouverte de la drogue sous leurs yeux. «Ce n’est pas normal de se promener avec ses enfants et de toujours vérifier qu’ils ne touchent rien de bizarre, illustre Marie-Laure Vidal, habitante du quartier. La situation semble admise alors qu’elle n’a pas à l’être. Bien sûr que la toxicomanie est une maladie mais elle ne justifie pas de ne respecter aucune règle de vie. L’espace public appartient à tout le monde.»

«Shootoir» officieux

Symbole de ces lieux communs devenus infréquentables, les toilettes de la place de la Riponne sont depuis longtemps considérées et utilisées comme un local d’injection officieux. Un statut que personne, pas même les autorités, ne cherche à contester. Une halte à proximité suffit d’ailleurs à observer le bal qui s’y déroule en continu. Les grappes d’individus qui s’y engouffrent et les patrouilles de police qui, régulièrement, les interceptent à la sortie. Un manège de notoriété publique à la Riponne mais également observé place de l’Europe ou du côté de Chauderon. C’est notamment ce genre de comportements que Pierre-Antoine Hidlbrand entend réduire grâce aux opérations à venir. Les grandes manœuvres semblent d’ailleurs en rodage: hier, en moins de deux heures, plusieurs patrouilles se sont ostensiblement arrêtées près de groupes de personnes, en fouillant plusieurs et procédant à une interpellation.

«Nous sentons la volonté du municipal de Police, il a compris qu’il est difficile de ne rien faire, souligne Marie-Laure Vidal. Jusqu’à maintenant, il n’a été question que de mesures pansements, d’actions tièdes et pas d’une vraie réflexion de fond avec l’ensemble des acteurs concernés. Si ça fait tellement partie du paysage, alors arrêtons de faire l’autruche et traitons le problème avec de vrais moyens.»

La mère de famille admet néanmoins qu’il y a une petite amélioration depuis la réunion publique organisée par la Ville. Une lueur d’espoir pour les commerçants qui déplorent une clientèle en baisse. «Mon chiffre d’affaires a chuté de 70%, les maris de mes amies leur interdisent de venir dans mon établissement», déplore Lella Toth, responsable de l’épicerie Mamma Elisa, rue des Deux-Marchés.

Mais derrière «le cauchemar» dénoncé par la commerçante commence à poindre l’envie d’aller de l’avant. «Nous allons nous réunir en association pour continuer ce combat contre la drogue mais aussi montrer qu’il existe aussi une vraie vie dans ce quartier, avec des gens prêts à s’investir», annonce d’ailleurs Marie-Laure Vidal.

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