2019-08-09 19:17

Des cris du monde entier dans les rues de Lausanne

Environnement

Autour de Greta Thunberg, quelque 2500 personnes, en grande majorité des jeunes, ont manifesté vendredi après-midi en faveur du climat dans les rues de la capitale.

Greta Thunberg (accroupie au centre) était présente sur une partie du parcours au milieu des manifestants.

Greta Thunberg (accroupie au centre) était présente sur une partie du parcours au milieu des manifestants.

(Photo: Keystone)

  • Romaric Haddou

Ce rassemblement clôturait le sommet Smile For Future organisé toute la semaine à l’UNIL et ayant réuni 450 participants. De la gare à Vidy, les manifestants ont brandi et scandé des slogans dans toutes les langues avec un message commun: stop à l’inaction politique, place à la «justice climatique»



«En Moldavie, les gens sont moins réceptifs qu’ici»

Veronica et son frère Vladimir, de Moldavie. DR

«Nous faisons partie du mouvement Extinction Rebellion en Moldavie, mais là-bas il est plus compliqué de manifester car la situation politique et économique est délicate. Les gens sont moins réceptifs qu’ici. Notre participation à Smile For Future nous a notamment permis de comprendre comment les autres pays abordent la question climatique, et c’est une expérience que nous ramènerons chez nous. Notre ressenti sur la question environnementale est assez négatif, on sent que les choses sont en train de nous échapper. Moi (Vladimir), j’ai un rêve simple: vivre dans une maison qui disposera d’un jardin avec des arbres. Or, si nous continuons à dérégler le climat et à pratiquer l’abattage massif, mon rêve est mort.»



«Le climat ne prend pas de vacances, alors nous non plus»

Nathan, Pierre-Jean, Angèle, Catherine et Yelena, de Genève. DR

«Pour certains, c’est notre première manifestation, mais l’environnement mérite qu’on s’engage. Le climat ne prend pas de vacances, alors nous non plus, même si on entend que l’on descend dans la rue pour louper l’école. La manifestation d’aujourd’hui prouve bien que nous pouvons aussi utiliser notre temps libre pour la planète. Il faut maintenant que les politiques comprennent qu’il sera bientôt trop tard et qu’ils nous aident à changer les choses. Nous devons agir ensemble, réduire notre consommation et réaliser que l’on va dans le mur. Il y a quelques jours, nous avons épuisé tout ce que la Terre peut produire en une année. C’est inacceptable et ridicule.»



«J’ai manifesté un an à Berlin. Pour quelle réponse? Aucune»

Pia, d’Allemagne. DR

«Il fallait absolument conclure le sommet Smile For Future par une telle manifestation, ça montre qu’il y a un engouement, une solidarité qui dépasse les frontières. Je viens de Berlin et là-bas j’ai manifesté toute l’année, les vendredis. Un an d’implication pour quelle réponse politique? Aucune, hormis repousser les décisions et les actes. Ces personnes ont toujours le pouvoir, mais je suis persuadée qu’ensemble nous pouvons le reprendre. Il faut être optimiste sur la puissance de ce mouvement car il grossit de jour en jour. Nous avons un objectif commun, c’est normal que les étapes pour y parvenir soit débattues, mais nous allons de l’avant, c’est tout ce qui compte.»



«Il ne faut pas que tous ces jeunes soient désillusionnés»

Lorain, de Moutiers. DR

«Je suis enseignant et je suis évidemment préoccupé par l’avenir des jeunes et de notre planète. C’est la première fois que je manifeste pour le climat, je n’ai jamais eu de temps libre, mais peut-être qu’il y a aussi un petit effet Greta. Une telle conscience à son âge, ça interpelle. Je suis d’ailleurs admiratif de l’énergie qui se dégage de ce rassemblement. Désormais, nous allons attendre la rentrée avec impatience et espérer que les politiques fourniront de vraies réponses. J’enseigne en primaire, donc mes élèves ne sont pas encore tous sensibilisés à la question climatique, mais quand j’en parle avec eux, j’entends vraiment des choses intéressantes. Il ne faut pas qu’ils soient tous désillusionnés au final.»

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