2019-04-24 15:26

La plainte contre de Quattro vient d'un cadre de Nicod

Affaire Nicod-Orllati

Un rapport rédigé par le bras droit de la conseillère d'Etat est au centre d'une action pour violation du secret de fonction.

La conseillère d'Etat Jacqueline de Quattro fait l'objet d'une plainte pour violation du secret de fonction en raison d'un rapport rédigé par son bras droit pour être remis au Ministère public.

La conseillère d'Etat Jacqueline de Quattro fait l'objet d'une plainte pour violation du secret de fonction en raison d'un rapport rédigé par son bras droit pour être remis au Ministère public.

(Photo: Patrick Martin)

  • Philippe Maspoli

Les procédures judiciaires se multiplient dans l'affaire qui oppose Bernard Nicod au groupe Orllati, sur fond de conflit immobilier dans l'Ouest lausannois, d'accusations de pollution et de concurrence dans le secteur des décharges. La dernière, dévoilée par la RTS, vise la cheffe du Département du territoire et de l'environnement (DTE), Jacqueline de Quattro.

Qui a déposé une plainte pénale contre la conseillère d'Etat pour violation du secret de fonction? Selon nos informations, c'est un directeur du groupe Bernard Nicod SA, prévenu dans l'affaire des lettres anonymes écrites par l'ex-rédacteur en chef de 24 heures Fabien Dunand contre l'Etat et Orllati, au début de 2017. Il est aussi visé par une enquête pour dénonciation calomnieuse enclenchée par Avni Orllati.

Un rapport au centre du litige

Le 27 novembre 2018, ce cadre avait déposé une plainte pénale pour calomnie ou diffamation contre Nicolas Chervet, secrétaire général du DTE. Au centre du litige se trouve un rapport rédigé par le haut fonctionnaire à la demande du Ministère public au début d'octobre 2018. Ce texte attribue au cadre de Nicod des propos à l'encontre d'Orllati qu'il conteste avoir tenus.

La nouvelle plainte vise non seulement Jacqueline de Quattro mais aussi Nicolas Chervet. Elle soulève deux questions: le secrétaire général a-t-il été délié de son secret de fonction avant de rédiger son rapport? La conseillère d'Etat, qui a donné l'instruction de rédaction, a-t-elle fait le nécessaire pour que son collaborateur soit libéré du secret de fonction par le Conseil d'Etat?

Pas de communication

Interrogé sur ces questions, Me François Roux, avocat de Jacqueline de Quattro et de Nicolas Chervet, répond que ses clients n'ont pas connaissance de la plainte. En l'absence de communication aux parties de la part du Ministère public, «force est de constater qu’à ce jour aucune enquête pénale n’a été ouverte et qu’aucune suite n’a été donnée à cette plainte», explique-t-il, sans commenter davantage.