2015-08-24 20:02

Merkel et Hollande réclament une réponse européenne au drame des migrants

Réfugiés

Alors que le flux des exilés ne faiblit pas à travers les Balkans, le couple franco-allemand met la pression sur ses partenaires de l’UE

  • Bernard Bridel

Le lent exode terrestre des migrants vers les frontières orientales de l’Union européenne se poursuit à travers les Balkans. Alors que plus de 2000 candidats à l’exil supplémentaires sont arrivés lundi en Serbie via la Macédoine, dans l’espoir de rejoindre la frontière hongroise et donc l’Union européenne (UE), Angela Merkel et François Hollande ont réclamé depuis Berlin une réponse «unifiée» de l’Europe. Une évidence, face à ce que certains considèrent déjà comme la plus grave crise humanitaire depuis 1945.

«Nous devons mettre en œuvre un système unifié de droit d’asile», a lancé le président français devant la presse aux côtés de la chancelière, soulignant qu’il s’agissait d’une «situation exceptionnelle qui (allait) durer». Angela Merkel a relevé que si l’UE a «de manière globale un même droit d’asile», tous ses Etats membres doivent le mettre en application «le plus rapidement possible».

Pression

Mettant la pression sur ses partenaires méridionaux, la chancelière - dont le pays s’attend à recevoir quelque 800 000 migrants cette année - a par ailleurs souhaité que «la mise en place des centres d’enregistrement dans les pays de première entrée, donc la Grèce et l’Italie» ait lieu dès «cette année». Aucun de ces centres destinés à différencier les migrants relevant du droit d’asile des autres n’a vu le jour depuis que leur création a été décidée fin juin. «Nous ne pouvons tolérer un (tel) retard», a-t-elle insisté.

Que les deux poids lourds de l’Europe haussent le ton face à leurs partenaires montre bien que la question des migrants - essentiellement des Syriens et des Irakiens fuyant leur pays en guerre - est devenue une priorité absolue pour l’UE, même si certains de ses membres cherchent encore à se défiler et à reporter le fardeau sur le voisin.

Des chiffres pour comprendre

Pour comprendre l’ampleur du phénomène, il est bon de rappeler que la Grèce a enregistré depuis le début de l’année plus de 160 000 migrants, arrivés sur ses îles notamment en provenance des côtes turques. Plus de 42 000 d’entre eux sont passés par la Macédoine depuis la mi-juin, selon les autorités locales. Lundi encore, deux migrants sont morts et environ cinq étaient portés disparus après le chavirage de leur embarcation au large de l’île de Lesbos.

«C’est un désastre humanitaire, un désastre pour l’Union européenne dans son ensemble et il existe un réel besoin de nous pencher sur la situation», déclaré le ministre autrichien des affaires étrangères Sebastian Kurz lors d’une visite à la frontière greco-macédonienne, à trois jours du sommet de Vienne sur les Balkans occidentaux qui fera une large place à la question de l’immigration.

L'âme de l'Europe en jeu

Par ailleurs, l’Italie, autre «porte d’entrée en Europe», a recueilli ce week-end quelque 5000 personnes qui tentaient de traverser la Méditerranée. Donnant toute sa dimension à ce drame sans fin, le ministre des Affaires étrangères Paolo Gentiloni assurait dimanche: «Aujourd’hui, c’est sur cette question (de l’immigration, ndlr) que l’Europe soit redécouvrira son âme soit la perdra pour de bon».

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