2018-05-18 06:47

Élus d’ici et d’ailleurs: unissez-vous!

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  • Cindy Mendicino

Il y a quelque chose d’un peu pathétique de voir les responsables politiques lausannois se succéder et faire face à un problème qui n’a pas l’air d’évoluer pour un sou. Le deal de rue, c’est le boulet qu’ils traînent. Tous, du Vert Daniel Brélaz au PLR Pierre-Antoine Hildbrand en passant par le popiste Marc Vuilleumier et le socialiste Grégoire Junod (pour ne citer que les plus récents), ont été confrontés, ces dernières années, à la colère d’une partie des habitants de leur ville. Qui les accusent de ne rien faire face à un nombre sinon croissant du moins stable de dealers dans certains quartiers. En guise de lutte, les édiles ont massivement augmenté le nombre de policiers dans les rues depuis cinq ans.

Seuls, les élus locaux ne pourront rien. Leurs homologues cantonaux et fédéraux doivent s’associer à eux

Rien n’y fait. Ceux qui ne veulent plus voir de dealers continuent de les croiser en bas de leur immeuble. Aussi inlassablement qu’ils encaissent les critiques de la population, les élus locaux répètent que le cadre légal ne leur donne pas les possibilités d’éradiquer le deal. Leur pouvoir se limite au déplacement du problème, de rue en rue, de place en place. Leurs policiers, quand ils parviennent à pincer un dealer – immédiatement remplacé –, ne peuvent que le remettre à la justice. Et faire basculer ces personnes dans un système souvent condamné à amender inutilement ou à relâcher rapidement.

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Les édiles sont toujours plus nombreux à se résigner: ils n’éradiqueront pas le deal. Et ils ont raison, car il n’y a pas de société sans drogue. Le hic, c’est qu’il n’y a pas non plus de société sans électeurs râlant à la vue de dealers aux coins des rues. Une idée fait son chemin qui pourrait mettre beaucoup de monde d’accord: celle de parvenir à circonscrire le deal de rue. Et décider qu’une portion de territoire – si possible non résidentiel – peut être le théâtre d’activités illicites. Ce débat doit s’ouvrir et offrir de nouvelles perspectives sur la politique de la drogue. Seuls, les élus locaux ne pourront rien. Leurs homologues cantonaux et fédéraux doivent s’associer à eux. Car ce qu’il y a de pire que les discours pathétiques, c’est l’hypocrisie d’un système politique qui laisse les villes se débattre dans un problème qui les dépasse largement.

24 heures

Cindy Mendicino, politique lausannoise
Cindy Mendicino, politique lausannoise