2017-09-20 13:17

Isabelle Moret: «J’ai voulu être une pionnière»

Election au Conseil fédéral

La conseillère nationale vaudoise assume sa défaite crânement. «J’ai ouvert la voie», explique-t-elle.

Isabelle Moret à l'heure de l'élection de son rival Ignazio Cassis, ce mercredi à Berne.

Isabelle Moret à l'heure de l'élection de son rival Ignazio Cassis, ce mercredi à Berne.

(Photo: Keystone Peter Klaunzer)

  • Judith Mayencourt

Pas de larmes, pas de regrets. La conseillère nationale PLR Isabelle Moret n’a pas flanché, malgré la sévérité du score enregistré. La Vaudoise a recueilli 55 voix au premier tour, avant de voir son score plonger à 28 au second. Interview.

Isabelle Moret, comment analysez-vous l’élection d’Ignazio Cassis?

Depuis longtemps, il y avait le désir de préparer un Tessinois au Conseil fédéral. La direction du parti avait très clairement dit qu’il fallait réfléchir à présenter un italophone. Et c’est vrai qu’il y a déjà deux Romands. Ignazio Cassis sera un excellent conseiller fédéral.. Maintenant, la question va se poser: est-ce qu’il ne faudrait pas avoir plus de femmes au Conseil fédéral.

Vous n’avez pas réussi à faire passer ce message-là?

Au sein du PLR, ce qui nous importe, ce sont vraiment les compétences. Mais pour moi, c’était important de rappeler qu’une seule femme au Conseil fédéral, ce n’est pas suffisant. J’ai voulu être une pionnière en présentant ma candidature. C’est la première fois qu’une femme avec mon parcours se présentait à ce poste-là. J’ai pu remettre sur la table la question de la représentativité des femmes au Conseil fédéral, et plus largement des femmes qui veulent concilier vie professionnelle et vie familiale. J’ai ouvert la voie. Et je suis jeune encore, j’ai 46 ans, j’ai le temps de continuer en politique.

Certains ont parlé d’une campagne machiste contre vous.

Tous ceux qui ont lu certains articles écrits sur moi peuvent se faire une opinion par eux-mêmes. Etre une femme, ce n’est pas ce qui est le plus représentatif ici au parlement où il n’y a que 30% de femmes élues. Et maintenant, je suis contente de pouvoir à nouveau parler des dossiers, ce qui n’a pas toujours été le cas dans cette campagne.

Pensez-vous avoir fait des erreurs?

Personne n’est parfait, mais je me suis beaucoup investie dans cette campagne. Et j’ai beaucoup appris. Les gens dans la rue, en particulier les femmes, viennent vers moi pour me remercier pour mon engagement.

Pourtant, le score est sévère en regard de votre long parcours sous la Coupole fédérale. Comment l’expliquez-vous?

Je suis très satisfaite de mon score au premier tour. Beaucoup de collègues sont venus me dire le respect qu’ils avaient eu pour moi suite aux auditions, mais que la question tessinoise était importante à ce moment-là. Ils m’ont encouragée à poursuivre.

Vous avez aussi été doublée par Pierre Maudet dans cette campagne.

Le PLR dispose de 23% d’électorat en Suisse romande. Il était donc absolument légitime que des candidats viennent de cette partie du pays. C’était aussi une façon de montrer que nous avons une diversité de personnalités au sein du PLR.

Vous imaginez reprendre une fonction importante au sein du PLR. La présidence du groupe parlementaire?

C’est une fonction très importante. Pour l’instant, je termine cette campagne au Conseil fédéral. Le temps des réflexions, ce sera pour après.

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