2018-04-17 20:59

Et si Vevey reprenait la main sur ses logements?

Politique

L’Exécutif promet de déposer un projet avant cet été pour l’avenir des locatifs communaux, et n’écarte plus la question de l’internalisation.

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(Photo: CHANTAL DERVEY)

  • Stéphanie Arboit

En Asie, la culture tend à ne pas faire perdre la face à son adversaire. Cette même posture ressort du dernier communiqué de la Municipalité de Vevey. Après que deux camps se sont affrontés autour de l’avenir des locatifs communaux, annonce a été faite que les deux voies opposées seraient étudiées: à savoir une éventuelle internalisation de la gestion desdits immeubles (la Ville opérerait comme sa propre régie), mais aussi la possibilité d’un appel d’offres pour de nouveaux contrats de gérance privée.

Un projet sera déposé devant le Conseil communal «avant cet été» promet l’Exécutif. «24 heures» avait déjà annoncé que les contrats résiliés avec les trois gérances étaient finalement reconduits pour un an. Mais la Municipalité dévoile en plus ce mardi qu’elle n’a pas totalement jeté à la poubelle la voie de l’internalisation, et qu’elle se laisse une année «pour envisager l’avenir avec sérénité». Une façon, aussi, de ne pas écarter le débat au Conseil communal, comme c’était le vœu de nombreux élus.

Pour rappel, dans un contexte de pénurie, le logement avait été au cœur des élections de 2016. Dans cette droite ligne, le groupe socialiste avait demandé à la Municipalité en octobre 2016 que le Service communal des gérances se réapproprie la gestion de l’ensemble du patrimoine immobilier, en grande partie confiée jusque-là à trois régies. Des réflexions dans ce sens ont été menées, jusqu’à ce que cette idée de réinternalisation disparaisse: trois municipaux (PS, Les Verts et PLR) ont signé le 7 novembre, sans leurs collègues de Vevey Libre, un communiqué annonçant que «l’ensemble des 433 biens communaux en location» seraient confiés à la Société coopérative d’habitation Lausanne (SCHL). Ces dissensions avaient mené la Municipalité au clash.

Au final, puisqu’une telle attribution à la SCHL sans appel d’offres préalable enfreignait la loi sur les marchés publics, la Municipalité avait proposé de ne confier le parc locatif à la SCHL que pour un an. Cette dernière n’était pas intéressée à «gaspiller beaucoup d’énergie» pour «un transfert de courte durée, dommageable pour les locataires».

Retour à la case départ donc? Pas tout à fait, puisque les élus se prononceront. Bientôt la fin du conflit à la Municipalité de Vevey? Affaire à suivre.

24 heures