2016-09-13 22:35

Démuni, le quartier du Tunnel n’en peut plus du deal

Lausanne

Les commerçants et les habitants du quartier appellent un local d’injection de leurs vœux.

(De gauche à droite) Pierre-Antoine Hildbrand, municipal lausannois en charge de la Sécurité aux côtés de Mathias Schaer, délégué à l'Observatoire de la sécurité de la ville de Lausanne.

(De gauche à droite) Pierre-Antoine Hildbrand, municipal lausannois en charge de la Sécurité aux côtés de Mathias Schaer, délégué à l'Observatoire de la sécurité de la ville de Lausanne.

(Photo: DR)

  • Emmanuel Borloz

La scène ouverte de la drogue sous leurs fenêtres, ils n’en peuvent plus et l’ont répété haut et fort durant plus de deux heures. Photos, anecdotes souvent glauques et formules choc à l’appui. Mardi, en fin d’après-midi, à quelques dizaines de mètres des dealers et des toxicomanes qu’ils rêvent de voir disparaître, une trentaine de commerçants et d’habitants du quartier du Tunnel ont rencontré le municipal lausannois de la Sécurité, Pierre-Antoine Hildbrand.

Dans un contexte marqué par la bagarre entre commerçants et dealers présumés dans le quartier du Maupas, fin août, la rencontre a permis aux participants de faire part de leurs craintes. Et de leur souhait: la création d’un local d’injection. Le projet, adopté par la Municipalité il y a quelques mois, est actuellement examiné par une commission du Conseil communal. Mais le spectre d’un référendum qui plane risque de faire traîner le dossier, rappelait l’élu, dont les propos n’ont pas rassuré ceux qui disent vivre un véritable cauchemar au quotidien. «Nous sommes menacés, agressés et insultés par des dealers toute la journée. Deux heures après avoir été interpellés, ils sont de retour à nous narguer», s’est emportée une mère de famille, ulcérée que l’école de sa fille de 4 ans apprenne aux bambins comment composer avec la présence de seringues usagées dans les rues.

Un commerçant appuyait les dires de la mère de famille en montrant une photo où l’on voit une femme apparemment en plein «shoot», à deux mètres d’un enfant qui l’observe. Craignant une expédition punitive en guise de représailles, plusieurs commerçants confiaient être obligés de faire profil bas.

Face aux nombreuses plaintes qu’il a dit entendre et comprendre, Pierre-Antoine Hildbrand rappelait le projet de centre dédié à la prise de drogues dures. S’agissant de l’impunité des dealers dénoncée par le quartier, l’élu expliquait que les quantités minimes qu’ils embarquent ne permettent pas d’arrestations conséquentes. «Je vais prévenir les dealers que tout va bien et qu’ils ne risquent absolument rien», ironisait un homme désabusé en quittant la salle .

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