2018-06-15 18:20

La police observe déjà un report du deal dans les bus

Lausanne

Le dispositif censé atténuer le deal de rue est effectif depuis vendredi. Et le marché commence à se réorganiser.

Du côté de Saint-Roch (l’un des six secteurs ciblés), la présence policière éloigne les vendeurs de drogue. Attendu, leur déplacement dans les transports publics est déjà constaté.

Du côté de Saint-Roch (l’un des six secteurs ciblés), la présence policière éloigne les vendeurs de drogue. Attendu, leur déplacement dans les transports publics est déjà constaté.

(Photo: Keystone)

  • Romaric Haddou

Il n’aura fallu que quelques heures. Effectif depuis vendredi matin, le renforcement du dispositif policier lausannois, censé diminuer la visibilité du deal de rue, livre déjà quelques enseignements. D’abord dans les six secteurs ciblés. «Les premiers retours de la population sont très positifs, le travail de la police est salué et les dealers sont absents de ces points de fixation», annonce le municipal Pierre-Antoine Hildbrand.

Ce tout premier bilan était effectué à Chauderon, face à la presse et au milieu d’une nuée de policiers, quelques heures seulement après la mise en place du dispositif. Pour rappel, il est question d’un renforcement de la présence policière visible, tous les jours de 8 h à 22 h, dans les six zones les plus touchées par la vente de drogue (Chauderon, Maupas - Saint-Roch, Bel-Air et passerelle de l’Europe, Gare - Petit-Chêne, rue de Bourg - Saint-François et enfin Riponne-Tunnel).

Pierre-Antoine Hildbrand a par ailleurs répété qu’il serait «très attentif» au déplacement des dealers. Et ces derniers n’ont pas traîné, sans vraiment surprendre les autorités. «Par le passé, nous avons déjà connu un phénomène de report du deal, notamment dans les transports publics (ndlr: début 2017 après un renforcement de la présence policière au Tunnel), rappelle le major Stéphane Dumoulin, chef des opérations de la police lausannoise. Ce vendredi, nous avons assisté aux prémices d’un schéma connu, comme la présence de toxicomanes dans certains bus. Nous sommes attentifs à ce phénomène et adapterons nos actions en conséquence.» Le dispositif doit d’ailleurs être ajusté constamment puis évalué après une année.

Chef adjoint de la brigade des stupéfiants, Sébastien Dyens confirme que ce report dans les transports publics était attendu et que les policiers en civil du groupe Celtus mènent aussi des opérations dans les bus.

Vers d’autres villes?

«La plupart des dealers logent dans des squats mais je ne crois pas que les transactions se déplaceront dans ces endroits, ce serait trop néfaste pour le lieu en lui-même, complète le major Dumoulin. Il faut par contre envisager un report dans d’autres villes, comme Vevey ou Yverdon par exemple. Si c’était le cas, nous en serions navrés, mais nous devons agir sur notre espace public.»

Pensée pour gêner au maximum les transactions, cette campagne d’îlotage touche aussi les consommateurs. La police confirme avoir «observé quelques toxicomanes hagards et perturbés», vendredi matin. «Dans ce milieu, la consommation de cocaïne est compulsive et c’était sans doute difficile pour certains d’entre eux. Nous n’avons cependant aucune raison de les mettre en danger et, à notre époque, ils vont vite retrouver leur dealer par téléphone», observe Stéphane Dumoulin.

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