2016-08-19 16:10

Lausanne ne combat pas le deal comme Bex

Drogue

Dans sa réponse à l’interpellation «L’espace public pour tous les Lausannois», la Ville explique pourquoi elle ne prendra pas exemple sur la commune chablaisienne.

Image d'illustration

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(Photo: Odile Meylan)

  • Laurent Antonoff

On ne chasse pas les dealers de rue dans la capitale vaudoise comme à Bex. C’est en substance la réponse que vient d’apporter la Municipalité de Lausanne à l’interpellation «L’espace public pour tous les Lausannois», déposée en début d’année par les PLR Mathieu Blanc et Pierre-Antoine Hildbrand. Ce dernier étant par ail­leurs devenu directeur de la police municipale à la faveur des élections communales de mars. «Les mesures prises avec succès à Bex ne peuvent être reprises telles quelles à Lausanne», estiment les autorités. Voilà pourquoi.

«Les mesures prises avec succès à Bex ne peuvent être reprises telles quelles»

Ce que demandaient les deux interpellateurs, c’est si, malgré des configurations différentes, l’exemple de Bex pouvait servir de base pour certaines actions sur le territoire lausannois. «La plupart des trafiquants arrivent à Bex par le train. La police peut donc tenir certains points clés en limitant l’accès à la ville et ainsi drastiquement diminuer l’offre de stupéfiants», explique la Municipalité. Pour elle, la configuration lausannoise n’est en rien comparable à celle d’une ville de 6500 habitants, en termes de voies d’accès nombreuses, de vendeurs multiples ou d’anonymat plus important pour les acheteurs. «Cependant, à Lausanne, les mesures d’interdiction de périmètre sont un outil local particulier qui a permis d’éloigner, d’août 2013 à mai 2016, 281 personnes dont une immense majorité de dealers.»

Alors qu’entreprendre pour davantage de résultats sur le terrain lausannois? «Une augmentation des effectifs permettrait-elle aux forces de la police d’avoir une présence continue dans certains espaces?» questionnent Mathieu Blanc et Pierre-Antoine Hildbrand. «Cela représente une partie de la solution déjà largement mise en œuvre. Nous sommes face à une activité très mobile. Les trafiquants sont de plus en plus prudents. Cela implique d’importants efforts pour saisir de petites quantités de produits ne permettant pas toujours des suites judiciaires adéquates», constatent les autorités. Car, même si les nombreux dispositifs mis en place par Lausanne déstabilisent les dealers, il faut constamment les adapter, «notamment parce que les vendeurs éloignés ou condamnés sont remplacés rapidement».

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