2017-05-31 18:34

Le débat sur la drogue auquel Lausanne s'attend

Local d'injection

Les opposants au lieu de consommation sécurisé veulent monter un référendum. Retour sur les nombreux arguments qui ont agité le Conseil mardi.

C'est dans les locaux de la fondation ABS, au Vallon, que l'espace de consommation sécurisé est prévu.

C'est dans les locaux de la fondation ABS, au Vallon, que l'espace de consommation sécurisé est prévu.

(Photo: FLORIAN CELLA/A)

  • Lise Bourgeois

Mercredi matin, la PLR Françoise Longchamp avait déjà envoyé ses premiers mails. Son but: former un comité référendaire contre le local d’injection voté la veille par le Conseil communal de Lausanne à 71 contre 10 avec une seule abstention.

Malgré la longue soirée de mardi (3 heures et demie de débat), les opposants ne peuvent pas s’endormir. La campagne référendaire, qui devrait se tenir pendant l’été, ne sera pas facile. Il faudra trouver plus de 8000 signatures. Qu’importe. Pour ces convaincus, la Ville ne peut pas «baisser les bras» face au fléau de la drogue. L’abstinence doit rester le seul objectif.

Lors du débat de mardi soir, Françoise Longchamp, rédactrice du rapport de minorité, a fait valoir qu’elle était elle-même bénévole auprès des toxicomanes qui luttent pour s’en sortir. Le policier UDC Philippe Ducommun ne comprend pas quant à lui comment les autorités peuvent imaginer un endroit (les locaux de la Fondation ABS au Vallon) où les consommateurs pourront absorber leurs produits illégaux en paix à deux pas de l’Hôtel de police.

Face à eux, la gauche et le centre défendent la réduction des risques sanitaires, comme les huit villes suisses qui ont expérimenté avec succès le local d’injection. Le pari est aussi de délivrer l’espace public des scènes de shoot et de protéger les drogués comme les citoyens: «C’est un dispositif de lutte contre la maladie et la désinsertion», argumente Benoît Gaillard, socialiste. Sa collègue Verte, Sophie Michaud Gigon, précise que les villes qui ont un local signalent une baisse des infections et des surdoses.

En 2007, le Conseil communal avait institué lui-même le référendum, qui a abouti à un refus du peuple. Mardi soir, le même dispositif du référendum spontané a été proposé, mais refusé à une forte majorité.

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