2019-05-15 19:43

Le syndicat SUD tire sur un géant de la pizza à domicile

Lausanne

Le Tribunal des prud’hommes devra prochainement statuer sur les conditions de travail des employés de Domino’s.

Les Prud’hommes ont été saisis par d’anciens employés de Domino’s Pizza à Lausanne.

Les Prud’hommes ont été saisis par d’anciens employés de Domino’s Pizza à Lausanne.

(Photo: Florian Cella)

  • Alain Detraz

La pizza à l’américaine reste parfois en travers de la gorge de ceux qui la préparent. C’est le cas d’employés d’un géant de la spécialité livrée à domicile, qui sont en conflit avec Domino’s Pizza. La franchise suisse de cette société née aux États-Unis annonçait l’an dernier vouloir tripler le nombre de ses enseignes dans le pays. Pour le syndicat SUD Étudiant·e·s et Précaires, ce n’est pas une bonne nouvelle.

Les procédures juridiques de trois anciens employés de la filiale lausannoise vont démarrer prochainement. Une occasion pour le syndicat de présenter, en conférence de presse, deux d’entre eux. Deux expériences d’un travail à la demande, flexibilisé à l’extrême, dans des conditions semblant ne pas respecter le minimum des conventions collectives. «Autoritarisme» et «maltraitance» sont notamment dénoncés par le syndicat. SUD ajoute que le tout s’opère sur le dos d’employés dont la situation précaire (étudiants, chômeurs en fin de droits, étrangers) limite les capacités défensives.

«Il suffit qu’on ne s’entende pas avec un supérieur pour que notre temps de travail diminue», raconte un ancien employé, qui voyait ainsi son salaire fluctuer. Contraints d’effectuer des livraisons sur des scooters mal entretenus ou obligés de travailler dans des locaux pas climatisés – «on a mesuré jusqu’à 49 degrés et la direction nous a juste souhaité bon courage» –, les anciens employés disent avoir sué dans «une peur permanente de se faire licencier». La pression s’exerçait aussi sur la timbreuse. «Même si on était au travail, on nous demandait de détimbrer s’il n’y avait pas assez de commandes», dit l’un des employés.

Plainte pénale

La direction de Domino’s Pizza n’était pas en mesure de répliquer, mais le syndicat a toutefois précisé que l’équipe en place à Lausanne avait été changée. Reste que l’inspection lausannoise du travail a établi deux rapports enjoignant la chaîne américaine à se mettre en conformité sur plusieurs points réglementaires. SUD Étudiant·e·s et Précaires espère ainsi voir l’administration déposer une plainte pénale contre Domino’s Pizza pour «insoumission à une autorité administrative».

En avril dernier, c’est le syndicat Unia qui dégainait de la sorte, avec une manifestation à Neuchâtel, pour des motifs comparables. Le syndicat déplorait en outre les difficultés de communication avec la direction du groupe.

Il n’en faut pas plus, à SUD Étudiant·e·s et Précaires, pour dénoncer un «système» propre à la marque.

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