2017-08-29 09:22

A Orbe, les anciens moulins Rod veulent sauver leur peau

Patrimoine

Ensemble de vestiges industriels à préserver, site culturel et friche à haut potentiel immobilier, l’avenir des anciens moulins d’Orbe se complexifie.

Les anciens moulins ont un haut potentiel immobilier.

Les anciens moulins ont un haut potentiel immobilier.

Témoins précieux des débuts du développement industriel du canton, les anciens moulins Rod, à Orbe, n’ont pas fini de faire parler d’eux.

Propriétaire de la friche, le groupe Orllati caresse toujours l’idée de convertir ces murs en appartements, à l’heure où le développement de toute cette zone de la plaine de l’Orbe se précise: en vis-à-vis, le nouveau quartier de Gruvatiez doit d’ailleurs prochainement être mis à l’enquête. Locataire des locaux de l’ancienne entreprise Rodynam depuis près de dix ans, Pierre-André Vuitel et son association Patrimoine au fil de l’eau ne comptent toutefois pas se laisser oublier. Le projet d’Orllati, lui, vise une plus grande «transparence» du bâtiment, avec une majorité d’habitat et un espace réduit, au rez, pour les activités culturelles. Autant dire que les occupants actuels ne le voient pas de cet œil.

«Notre bail a été prolongé jusqu’en 2018. On nous a précisé que c’était l’ultime délai, souligne la figure de la culture urbigène. Mais ils veulent faire quoi? Des appartements de standing? Ce sera difficile. Tout ici s’imbrique. Il n’y a pas de béton armé. Prenez le raccordement électrique. On touche le moindre fil, il faut tout changer. Ce mur date de 1880. La toiture, elle, peut tenir encore des décennies. Ce plancher-là a plus d’un siècle. La moindre transformation est impossible. S’ils en font, on ferme et on part.» Le ton est donné.

Une réunion des acteurs concernés, dont la Commune, doit avoir lieu mi-septembre. D’ici là, les amoureux de cet incroyable fatras de murs médiévaux et de vieilles turbines désaffectées espèrent convaincre avec leur propre projet: «Qu’on nous laisse deux ou trois ans et qu’on puisse louer les locaux vides (ndlr: les baux de pièces donnant sur la rue ont été résiliés). On peut en faire quelque chose de rentable pour des commerces, des dégustations, des afterworks… Par ailleurs, nous avons un mécène. Un industriel qui serait prêt à acheter notre surface.»

Le groupe Orllati n’a pas pu être joint pour réagir aux propositions du Patrimoine au fil de l’eau. Selon nos informations toutefois, le projet devra composer avec un préavis réservé des Monuments historiques. Le Canton, qui a recensé l’ensemble en note 3, propose un examen poussé des structures internes et met le doigt sur l’existence de parties anciennes à conserver. Bref, la réhabilitation risque d’être complexe.

«Il faut se mettre autour de la table et trouver une solution, prévient Henri Germond, syndic d’Orbe. Notre volonté est de faire de cet espace un lieu de transition vers la vieille ville, avec une place pour la culture. Maintenant, entre culture et habitat, les volumes ne sont pas définis. Il faudra trouver des solutions entre les parties.» Quant à l’architecture du site, la Commune tient notamment à conserver la façade et les machineries historiques.

Des projets immobiliers visent également les anciens moulins de Cossonay et Valeyres-sous-Rances

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