2016-10-23 18:00

L’œnotouriste a l’embarras du choix à Epesses

Lavaux

Une nouvelle vinothèque ouvre fin novembre à Epesses. Le village offrira dès lors trois lieux où s’arrêter tout le dimanche.

Louis Fonjallaz, vigneron à Epesses, est un des initiateurs des «11 Terres».

Louis Fonjallaz, vigneron à Epesses, est un des initiateurs des «11 Terres».

(Photo: Philippe Maeder)

  • Cécile Collet

C’était le reproche numéro 1 que l'on faisait aux villages inscrits depuis 2007 au Patrimoine mondial de l’Unesco: des dimanches morts et peu accueillants pour les touristes et randonneurs de passage. Cette mauvaise réputation n’a plus lieu d’être pour Epesses. Un nouveau lieu vient compléter l’offre dominicale du bourg de Lavaux, qui compte déjà Le Verre Gourmand et l’Auberge du Vigneron, ouverts toute la journée tous les week-ends. La Cave du Vieux Bourg, sur la place du Village (No 5), ouvre aussi les samedis et dimanches à 14 h, et le Caveau des vignerons à 17 h.

«C’est l’afflux touristique qui nous a un peu choqués et motivés à faire le pas», explique Louis Fonjallaz, initiateur du projet avec Jean-René Gaillard et Philippe Rouge, qui a depuis quitté le projet. Les trois vignerons d’Epesses ont eu l’idée d’ouvrir une vinothèque au centre du village, dans l’ancien local des pompiers, en 2009 déjà. Entre tracasseries administratives, problèmes de financement et opposition à la mise à l’enquête, les «11 Terres» ouvrent finalement près de huit ans plus tard.

65 références de vins classés par thème

Huit vignerons de la région ont depuis rejoint les deux initiateurs: Grégory, Benjamin et Luc Massy, Blaise Duboux, Jean Duboux, Philippe Bron, Grégoire et Frédéric Dubois, Louis Blondel, Pierre Fonjallaz, et Jean-François Chevalley. Ce sont donc en tout dix domaines (onze au départ) qui ont autofinancé la création du lieu. Un crowdfunding court encore jusqu’à ce samedi 29 octobre pour financer le fonds de roulement.

Un cellier a été installé dans le sous-sol, excavé pour l’occasion, où seront exposées 65 références de vins, dont la moitié de chasselas. «Ils seront classés par thème – apéritif, poissons… – et non par domaine», explique Louis Fonjallaz. Qui précise: le but n’est pas simplement d’offrir une vitrine aux producteurs, mais surtout un lieu de dégustation où le client sera guidé. Une épicerie du terroir complétera l’offre au rez et un espace de dégustation prendra place au premier.

«99% des produits proviennent du canton de Vaud»

C’est Jaap Kluvers qui gérera Les 11 Terreset servira de guide. L’ancien directeur du restaurant familial Le Débarcadère, à Saint-Sulpice, a parcouru le canton pour dégoter des produits du cru. «Je suis allé dans la cuisine de la dame qui nous fournit les sirops, illustre-t-il. Chaque produit – à 99% du canton de Vaud et si possible du district Lavaux-Oron – a un visage et une identité.»

Il est aussi en discussion avec Montreux-Vevey Tourisme (MVT) pour accueillir un point d’information, et combler les horaires restreints des offices de la région. Grégoire Chappuis, directeur adjoint de MVT, salue l’initiative: «Nous ne sommes pas les uniques dépositaires de l’information touristique. Dans l’idéal, il faudrait que tous les prestataires puissent renseigner les visiteurs!» Selon lui, la nouvelle offre vient renforcer plus que concurrencer celles existantes. «Il y a assez de monde qui vient à Lavaux, et le monde attire le monde. Nous n’avons pas encore atteint la saturation.»

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