2017-11-21 20:55

Le val d’Illiez veut donner aux stations l’envie de travailler ensemble

Portes du Soleil

Le val d'Illiez est au centre d’un projet pilote visant à étudier les synergies pour redynamiser la branche.

Le val d'Illiez s'est fédéré touristiquement au sein d'une seul société. Mais veut aller plus loin pour assurer son avenir.

Le val d'Illiez s'est fédéré touristiquement au sein d'une seul société. Mais veut aller plus loin pour assurer son avenir.

(Photo: David Genillard)

  • David Genillard

Et si les hôtels de la vallée unissaient leur force? Et si on constituait un fonds régional pour donner un coup de fouet au secteur touristique? Au val d’Illiez, les idées fusent pour enrayer la chute constante des journées-skieurs et des nuitées.

Depuis deux ans, les communes de la vallée valaisanne – Troistorrents, Val-d’Illiez et Champéry –, la HES Valais et le Groupement suisse pour les régions de montagne (SAB) phosphorent dans ce but. Ce projet pilote en Suisse veut apporter la preuve du potentiel économique d’un renforcement des coopérations entre acteurs touristiques. «On en parle depuis des décennies mais, si ces coopérations sont nombreuses en Suisse, rares sont celles-ci qui tiennent sur la durée, car il manque des études démontrant la plus-value», estime Thomas Egger, directeur du SAB. Deux autres «laboratoires» ont été créés: Glaris Sud et la Léventine (TI).

Trois pôles soutiennent le projet: les remontées mécaniques, l’hébergement et la mobilité. Côté remontées mécaniques, les acteurs prônent un rapprochement des sociétés de la région (Télé Champéry-Crosets, TéléMorgins, Télé-Torgon et Chalet-Neuf). Les fiançailles ont eu lieu et une exploitation commune devrait être opérationnelle à l’hiver 2018-2019. À plus long terme, la création d’une société unique est envisagée. Côté hôtellerie, le constat est clair: le parc est vieillissant et les offres interchangeables et peu adaptées à la demande des clients. «On a trop tendance à voir les autres hôteliers de sa région comme des concurrents, observe Urs Keiser, de la société de consulting Conim AG. Pour atteindre un volume d’affaires critique, on a tout à gagner à travailler ensemble.» Et de décrire trois modèles d’affaires possibles, allant du partenariat simple à une fusion en passant par la création d’une filiale. Dans le val d’Illiez, il faudra encore du temps pour convaincre: sur la vingtaine d’hôtels, trois seraient pour l’heure disposés à travailler en ce sens.

Après deux ans d’études, les résultats concrets ne sautent pas encore aux yeux. «Un rapport sur le travail mené dans les trois régions a été rédigé, mais n’est pas encore traduit en français», justifie Urs Keiser. «L’exemple de Flims-Laax et de la Weisse Arena nous montre qu’il faudra plusieurs années pour que l’effet se fasse réellement sentir», ajoute Thomas Egger.

La HES Valais et le SAB n’attendront pas aussi longtemps: dès l’année prochaine, ils iront présenter le concept dans d’autres destinations, «pour les inciter à travailler dans ce sens». «Le client veut payer une fois et avoir accès à un ensemble de prestations. Ce n’est pas possible si chacun travaille dans son coin. Pire: chacun veut dégager une marge, ce qui contribue à faire augmenter les coûts.»

En un mot comme en cent, on plaide ici pour la mise en place de stations intégrées où la chaîne de prestations est entre les mains d’un seul acteur. «Cela peut être un objectif à long terme, acquiesce Thomas Egger. Je peux imaginer un concept similaire à celui de la Weisse Arena à l’échelle de la vallée d’Illiez.»

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